L’inauguration, prévue lundi 9 novembre, d’une stèle aux victimes du communisme voulue par le maire Rassemblement national (RN) d’Agde, dans l’Hérault, suscite l’ire de partis d’opposition et de syndicats qui dénoncent, jeudi 5 novembre, la diffusion d’« une idéologie mensongère et diffamante ».
« Nous considérons que tous les crimes et les sacrifices humains engendrés par les régimes totalitaires doivent être dénoncés et que leurs victimes doivent être honorées », explique le maire d’Agde, Aurélien Lopez-Liguori, sur son compte Facebook. « Toutes, sans exception, y compris les femmes et les hommes tombés sous le joug des dictatures communistes. Elles sont malheureusement encore trop souvent oubliées. »
Appelant à « réparer cette injustice », l’élu invite ses administrés à l’inauguration d’une « stèle en mémoire des dizaines de millions de victimes du communisme », lundi, à l’occasion de l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin.
Dimanche, la ville organise une conférence de Mathieu Bock-Côté, sociologue et chroniqueur sur Cnews et au Figaro, sur le thème : « Le communisme : menace d’hier et d’aujourd’hui ».
Recours gracieux
Le groupe d’opposition 100% Agde a déposé un recours gracieux auprès du maire, lui demandant de renoncer à cette inauguration, arguant notamment du fait que l’initiative n’a pas fait l’objet d’une délibération au conseil municipal. Sans réponse positive de la part de M. Lopez-Liguori, l’opposition menace de saisir la justice administrative.
Dans un communiqué commun, les sections locales des partis communistes, insoumis, socialistes, de Génération.s, de la Ligue des droits de l’Homme et des syndicats Sud, CGT et FSU, ont déploré le retour de « la haine du communisme », « alors que dans notre ville, les seules victimes de l’occupation ont été faites par l’armée nazie ».
Ils mettent en avant les figures de résistants d’Agde, fusillés ou tués au combat par les nazis, et le camp d’Agde qui symbolise lui « la répression envers les combattants républicains espagnols ». Ils accusent également le maire de « propager une idéologie mensongère et diffamante », et appellent au rassemblement, dimanche et lundi, contre son projet de commémoration.
D’autres polémiques similaires ont émergé depuis plusieurs mois du fait de projets de stèles aux victimes du communisme, à Saint-Raphaël, dans le Var, et à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, deux villes dirigés respectivement par des maires LR et RN.