Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi 24 octobre à Trappes (Yvelines) en hommage à l’homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, tué dans cette ville de 34 000 habitants par des tirs en rafale dont l’auteur présumé, Kevin T., est soupçonné d’avoir agi par racisme. L’attaque a eu lieu à Trappes et dans la commune voisine de La Verrière. Elle a également fait cinq blessés, dont une enfant de 12 ans.
« Nous ne sommes pas des cibles, nos vies comptent », « Trappes réclame justice et vérité » proclament des pancartes brandies dans la foule, en début d’après-midi sur les lieux où le jeune Français d’origine africaine a été tué vendredi matin. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi des faits, qualifiés d’« attentat terroriste raciste » par Emmanuel Macron.
Des proches de Pengo Bossio Wangi, espoir français du MMA, participaient au rassemblement, ainsi que des élus nationaux et de Trappes, et des familles avec jeunes enfants. « Justice pour Pengo Bossio Wangi et toutes les victimes de Trappes. Les mots tuent », pouvait-on lire sur une banderole, avec le portrait de la victime dessiné.
« Rien de ce qui s’est passé ne doit être banalisé », a déclaré la députée de La France insoumise (LFI) Mathilde Panot, venue avec un autre député du parti, Thomas Portes. « Le racisme tue, l’extrême droite tue », a-t-elle ajouté. « Nous ne céderons rien à la haine raciste. » Une minute de silence a été observée en hommage à la victime pendant cette manifestation organisée par le Comité vérité et justice pour Adama.
Une autre minute de silence est prévue samedi soir à Aubervilliers au tournoi 100 % Fight. « Dimanche on fera une marche blanche en hommage, à 14 heures à partir de la mairie d’Aubervilliers », a annoncé Stéphane Chaufourier, pionnier du MMA en France et fondateur du club où s’entraînait le jeune homme, précisant qu’il s’agissait d’une initiative du club, mais qu’il n’avait pas de contact avec la famille.
« Les gens ne se rendent pas compte de ce qu’il se passe aujourd’hui dans les quartiers populaires, c’est gravissime et c’est un problème français, qui appartient à tout le monde (…) qu’on doit prendre à bras-le-corps », a déclaré au micro la fondatrice du Comité vérité et justice pour Adama, Assa Traoré. « Nous ne pouvons accepter qu’un jeune homme de 26 ans (…) [soit mort] parce que la haine a été attisée en France », a-t-elle insisté.