Économie

Avec la cyberattaque au Crédit mutuel Arkéa, les banques européennes prennent conscience de l’ampleur de leur vulnérabilité

Avec la cyberattaque au Crédit mutuel Arkéa, les banques européennes prennent conscience de l’ampleur de leur vulnérabilité

Les banques pensaient être particulièrement bien armées contre les cyberattaques. Elles ont découvert, avec l’attaque visant Crédit mutuel Arkéa révélée mardi 4 novembre, l’ampleur de leur vulnérabilité. L’établissement basé à Brest s’est fait voler plus de 100 millions d’euros par des pirates informatiques. Un montant encore non consolidé.

L’intrusion des hackers ressemble fortement à celle dont a été victime la plateforme de cryptomonnaie Binance, jeudi 29 octobre. Les pirates informatiques ont corrompu l’ordinateur d’un tiers qui avait des autorisations pour réaliser des transactions, et se sont ainsi introduits profondément dans le système. Ils ont accédé aux fonds propres de la banque et en ont extrait plus de 100 millions d’euros sur les 10 milliards qu’elle possède. Les fonds ont ensuite été convertis en cryptomonnaies et répartis sur plusieurs plateformes d’échange. Parmi elles, l’américaine Kraken qui a donné l’alerte, lundi 3 novembre, après avoir reçu des transferts inhabituellement élevés pour une banque européenne, et bloqué les transactions en cours.

Cet événement est une première, selon plusieurs experts interrogés par Le Monde. « Je suis stupéfait », lâche un vétéran de la cybersécurité bancaire : « Cet épisode va engendrer un vent d’inquiétude dans toutes les enseignes de la place et va laisser des marques. Le banquier, plus que tout autre patron d’industrie, déteste le risque. » « C’est une attaque à l’ampleur et aux dommages inédits. Normalement, cela n’arrive pas aux banques », reconnaît Gabriel de Brosses, fondateur et dirigeant du cabinet Tevarua Conseil et ancien directeur de la cybersécurité du Groupe La Poste.

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