Tous ont pris leurs calculettes, fait puis refait leurs additions, et le compte n’y est pas. Là où Sébastien Lecornu avait annoncé un plan d’économies de 6 milliards d’euros pour compenser l’impact de la guerre au Moyen-Orient, eux arrivent plutôt à un total compris entre 2,9 milliards et 4 milliards d’euros, 5,1 milliards grand maximum.
Les parlementaires appelés à examiner les coupes budgétaires dévoilées ces derniers jours par le premier ministre se montrent donc pour le moins sceptiques. Avec, pour beaucoup, le sentiment que la réaction du gouvernement n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Un projet « insuffisant », a résumé Philippe Juvin, député (Les Républicains) des Hauts-de-Seine et rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, jeudi 4 juin. « Injuste », selon d’autres élus.
Ces critiques se reflètent dans les avis rendus par les commissions des finances du Sénat et de l’Assemblée sur un des pans du programme d’économies, le seul qui leur était formellement soumis : un projet de décret annulant des crédits pour quelques centaines de millions d’euros. Mercredi, les sénateurs ont validé le texte, jugé conforme aux critères légaux, tout en émettant de multiples réserves. A l’Assemblée, où le gouvernement n’a pas de majorité, la commission a en revanche rendu jeudi un avis défavorable. Il n’empêchera pas l’exécutif de prendre les mesures prévues. Mais le signal politique est clair.
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