Premier obstacle franchi pour Sébastien Lecornu et son budget. Mardi 13 octobre, la motion de rejet préalable déposée par le groupe socialiste a été rejetée par 236 voix contre 149. Son adoption aurait envoyé le texte directement au Sénat, sans discussion à l’Assemblée nationale. « Cette motion est une sommation », protestait la députée (Meurthe-et-Moselle, Parti socialiste, PS) Estelle Mercier, qui reprochait au premier ministre son « refus du compromis ».
Le matin même, Sébastien Lecornu a pourtant feint de tendre la main aux socialistes, pour les convaincre de retirer leur motion, en vain. Dans un courrier obtenu par Le Monde, il les appelait à « dépasser [leurs] désaccords » et proposait de se concentrer sur le quotidien des Français, rappelant les compromis de 2025 sur les repas Crous à 1 euro et la prime d’activité. Pour lui, la fiscalité ne saurait être le sujet central de ce projet de loi de finances 2027 (PLF), le premier ministre renvoyant ce débat à l’élection présidentielle dans la mesure où ce budget, répète-t-il, se veut « le plus réversible possible ».
Un argument qui a particulièrement irrité les socialistes, qui ont fait de la justice fiscale un casus belli. « Ce courrier évoque de vagues chantiers et agite une longue liste de fléaux qui s’abattraient sur la France si nous n’acceptons pas ce budget », a dénoncé Estelle Mercier mardi soir à la tribune, avant le vote. Pour la députée, le premier ministre et son gouvernement s’accrochent à leur « tabou absolu, la mise à contribution des plus riches. [Ils érigent] en principe budgétaire la stabilité fiscale, mais ce n’est pas un projet politique », a-t-elle poursuivi.
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