Politique

Congrès du RN : pour son premier discours de campagne, Marine Le Pen dit vouloir présider à la « Renaissance » de la France

Congrès du RN : pour son premier discours de campagne, Marine Le Pen dit vouloir présider à la « Renaissance » de la France

La candidate du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, a officiellement lancé sa campagne, dimanche 25 octobre, au cours d’un meeting à Orléans où elle a prononcé son premier grand discours de campagne.

La candidate d’extrême droite a promis de former un gouvernement « d’union nationale », « pluraliste » et dirigé par l’actuel patron du parti, Jordan Bardella, en cas de victoire en mai. Mme Le Pen a justifié son souhait de composer un « gouvernement ouvert » par « la situation d’un pays fracturé » et un « désir d’unité des Français ». « Chaque citoyen, avec la diversité des parcours, des talents, des sensibilités, est appelé à participer au mouvement de renaissance française que je propose au pays », a-t-elle insisté.

Dans son discours, Marine Le Pen a affirmé qu’elle ne souhaitait pas « refaire la France d’avant » mais « construire la France de demain », en défendant la thématique centrale de son programme : « La renaissance pour la France ». Filant la comparaison entre la période actuelle et cette époque historique du XVIe siècle, elle a défendu la renaissance comme « une méthode, pas une rupture brutale et encore moins une révolution destructrice ». « La renaissance, ce n’est pas la copie du passé, je ne vous propose pas de refaire la France d’avant, je vous propose de concevoir et de construire la France de demain », a-t-elle déclaré.

La quadruple candidate à l’Elysée a également annoncé son intention d’inscrire le « principe fondateur, inclusif et fraternel » de « communauté nationale » dans la Constitution. « L’Etat que nous voulons ne sera pas RN, mais ce sera une œuvre collective, une œuvre, certes patriote, mais pas partisane », a assuré Mme Le Pen. Elle a souligné sa volonté « de ne voir reconnaître qu’un seul peuple » grâce au « refus absolu du communautarisme ». « Il n’y a pour nous qu’une seule communauté, c’est la communauté nationale », a-t-elle insisté.

Rassemblement d’une centaine de militants antifascistes

Mme Le Pen a, en outre, assuré vouloir faire de la France une « nation de paix » si elle arrivait au pouvoir en 2027. « Aller vers la paix n’est pas, comme le prétendent les va-t-en-guerre de l’arrière qui peuplent les ministères et les plateaux de télévision, un acte de faiblesse, mais un acte de courage », a affirmé la candidate. Elle a promis ainsi à son auditoire de ne pas envoyer « nos jeunes mourir dans des aventures guerrières inconsidérées ou irresponsables. Et encore moins dans des guerres qui ne sont pas les nôtres ».

Selon les organisateurs, quelque 8 500 personnes étaient présentes au meeting du RN dans une salle transformée en camp retranché : des milliers de forces de l’ordre sécurisaient la cité johannique ce week-end. La préfecture avait interdit tout rassemblement dimanche dans un large périmètre à Orléans, ainsi que dans plusieurs communes aux alentours.

Samedi, une manifestation anti-RN a réuni, dans le calme, entre 13 000 et 26 000 personnes, selon les sources. Dimanche, une centaine de militants antifascistes se sont réunis en dehors du périmètre. Vers 13 heures, ils étaient groupés, sous les yeux des forces de l’ordre, à environ quatre kilomètres du Co’Met, l’arène de 10 000 places où se tient le congrès du RN. Le cortège a scandé « R comme racistes, N comme nazis, à bas, à bas, à bas le RN » ou « C’est pas les immigrés, c’est pas les sans-papiers. C’est les fachos qu’il faut virer », ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Nous sommes sur un lieu qui ne fait pas partie du périmètre d’interdiction de la préfecture », qui a refusé « sept propositions » de parcours, a déclaré Delphine, membre du collectif Ciao Fachos qui n’a pas souhaité donner son nom. « Nous avons subi des contrôles, des fouilles », a-t-elle déploré, au lendemain d’Ce rassemblement non déclaré vise à « dire que jamais nous ne laisserons le Rassemblement national et tous les fachos venir dans n’importe quelle ville de France, de l’Europe et du monde entier », a-t-elle ajouté.

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