Dans le massif de Coriscada (Espagne), les anciennes éoliennes seront remplacées par quatre turbines de dernière génération
Endesa/Enel
Depuis les falaises de l’Estaca de Bares, la vue sur l’océan est spectaculaire. Cette avancée granitique et schisteuse, couverte de forêts d’eucalyptus et de landes de bruyères et d’ajoncs, est le point le plus septentrional de la péninsule Ibérique, à la jonction de l’océan Atlantique et du golfe de Gascogne, dans la province de La Corogne, en Galice. C’est la région la plus ventée d’Espagne avec celle de Tarifa, sur le détroit de Gibraltar. En cette matinée ensoleillée, le 19 octobre, une grue sur roues est postée sur le chemin de crête du massif de Coriscada. Elle s’apprête à démonter l’une des dernières éoliennes de l’électricien Endesa (dans le giron de l’italien ENEL), qui se dressaient là depuis 1998.
Quarante moulins d’une quarantaine de mètres de haut arrivés en fin de vie seront bientôt remplacés par quatre turbines de dernière génération perchées à 119 mètres du sol et espacées les unes des autres d’un petit kilomètre. Un chantier chiffré à 36,3 millions d’euros et subventionné à hauteur de 6,8 millions d’euros par NextGenerationEU. Adopté en 2021, pendant la pandémie de Covid-19, ce dispositif de relance de l’Union européenne est doté d’environ 800 milliards d’euros. En Espagne, il a permis de mobiliser à ce jour 612 millions d’euros dans l’éolien.
Précautionneux, l’engin de levage extrait le moyeu et ses trois pales de son axe de rotation, secondé par une plus petite grue qui l’aide à poser cet ensemble de 10 tonnes à terre, où les différents éléments seront désassemblés. La nacelle, qui abrite le générateur, peut ensuite être décrochée du mât. Son poids : 23 tonnes. Il ne reste plus alors qu’à tronçonner la tour tubulaire en son milieu, pour pouvoir la mettre à l’horizontale, 40 tonnes en tout. L’opération prend deux jours, dès lors que l’éolienne a été déconnectée du réseau électrique et tous ses câbles soigneusement enroulés.
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