Chroniques de guerre

En Ukraine, la trêve a offert une bouffée d’oxygène aux habitants de Kherson : « Je crains que l’enfer ne recommence »

En Ukraine, la trêve a offert une bouffée d’oxygène aux habitants de Kherson : « Je crains que l’enfer ne recommence »

Le 27 octobre a commencé la trêve la plus longue depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022. Pendant cinq jours, les rues de Kherson, dans le sud du pays, se sont animées, les marchés ont retrouvé une partie de leur effervescence et les voitures ont pu circuler sans la menace permanente des drones FPV russes. Les parents ont même pu laisser leurs enfants jouer dehors, tandis que certains habitants évacués revenaient dans leur ville, parfois pour récupérer quelques affaires, parfois simplement pour découvrir ce qu’il en restait.

Dans les quartiers classés « zones rouges », comme Ostriv, Antonivka ou Dniprovsky, où chaque déplacement peut être fatal, des habitants déplacés ont profité de cette parenthèse pour retourner dans leurs anciennes maisons, souvent endommagées ou abandonnées précipitamment. Pendant quelques jours, la vie a semblé reprendre ses droits.

Mais derrière ce répit se dessine une autre inquiétude. Cette trêve, négociée pour permettre l’évacuation des habitants d’Olechky, ville occupée sur la rive gauche du Dniepr, dans la région de Kherson, et l’acheminement d’une aide humanitaire, aurait également permis aux forces russes de se ravitailler en munitions. A Kherson, beaucoup redoutent désormais une intensification des attaques, qui pourraient être encore plus violentes que celles subies jusqu’ici.

Lundi 2 novembre, quelques heures seulement après la fin du cessez-le-feu, les rues se sont de nouveau vidées. Même les activités organisées à l’abri, en sous-sol, ont été suspendues afin d’éviter les déplacements. Le son des drones kamikazes FPV et des explosions est revenu après ces quelques jours de calme. La ville retient son souffle, dans l’attente des prochaines attaques.

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