C’est comme s’ils assistaient à un naufrage depuis la rive, sans rien pouvoir y faire. D’un côté de la rue de Rivoli, le BHV Marais, de l’autre, l’Hôtel de ville : impossible pour les élus parisiens d’ignorer le lent effondrement de l’enseigne historique fondée il y a cent soixante-dix ans dans le bâtiment voisin du leur. La demande de l’enseigne d’être placée en redressement judiciaire auprès du tribunal des activités économiques de Lyon, mardi 27 octobre, ainsi que l’audience de vendredi au tribunal de Paris, également pour placement en redressement judiciaire, sur saisine du procureur de Paris, sont venues confirmer le délitement de cette institution parisienne. Une chute amorcée depuis bientôt trois ans et la reprise du BHV par la société de Frédéric Merlin, en 2023, et que la Mairie de Paris semble impuissante à enrayer.
« Je suis même stupéfait qu’ils aient réussi à tenir aussi longtemps avant de demander le placement en redressement judiciaire, s’étonne Ariel Weil, maire (Parti socialiste, PS) de Paris Centre. Il y a un an [quand Shein a ouvert une boutique au sixième étage], je ne leur donnais pas six mois. » De son côté, l’élu a fait la seule chose qui était en son pouvoir : une lettre à la procureure de la République de Paris en application de l’article 40 du code de procédure pénale, selon lequel tout fonctionnaire qui suspecte l’existence d’un crime ou d’un délit doit en aviser la justice.
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