Politique

Gréoux-les-Bains, ville thermale, s’inquiète des projets d’économies du gouvernement : « Ces gens-là ne font aucun calcul ! »

Gréoux-les-Bains, ville thermale, s’inquiète des projets d’économies du gouvernement : « Ces gens-là ne font aucun calcul ! »

La pétition est posée sur le comptoir d’une des deux pharmacies du village. « Non au déremboursement des cures thermales », proclame le texte. Un peu plus loin, c’est dans un magasin de vêtements qu’elle est proposée. Depuis le jeudi 8 octobre et l’annonce par la ministre de la santé, Stéphanie Rist, d’une diminution drastique du remboursement de la prise en charge des cures thermales, en transférant une partie des coûts supportés par la Sécurité sociale aux complémentaires santé, l’inquiétude a gagné Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Toutes les villes d’eau sont sur le qui-vive. La maire d’Amélie-les-bains, Marie Costa, présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, a immédiatement lancé une pétition. Les régions de Fance ont adopté une motion de protestation. L’Association des maires de France a fait de même.

Le petit bourg de 3 500 habitants aux portes du Luberon semble particulièrement mobilisé pour défendre ses thermes. La commune accueille chaque année quelque 26 000 touristes médicaux qui viennent sur ces bords du Verdon passer trois semaines dans les eaux chaudes soufrées des massifs provençaux. Nombre de curistes rencontrés en ce mercredi de fin octobre ont paraphé la pétition, attachés à un traitement qui leur semble salutaire, et qu’ils ne pourraient se payer sans la prise en charge de la Sécurité sociale. Le maire divers droite de la station provençale, Paul Audan, Légion d’honneur à la boutonnière de sa veste bleu marine, ne décolère pas contre celle qu’il appelle la « triste ministre de la santé qui n’a aucune connaissance des bienfaits du thermalisme ». L’élu est inquiet de voir disparaître ces chers curistes et la manne qu’ils représentent.

« Ces gens-là ne font aucun calcul ! Les 89 villes thermales, dont l’immense majorité compte moins de 5 000 habitants, et la centaine d’établissements d’eau, ce sont 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et près de 30 000 emplois. A Gréoux, nous avons 200 socioprofessionnels qui sont liés à l’activité thermale », insiste-t-il. L’ancien président de l’Aassociation des maires des villes thermales a alerté les sénateurs et députés de son département du danger vital pour sa commune. « Le Rassemblement national se mobilise sur la question, comme l’Union des droites pour la République. Et le groupe Rassemblement démocratique et social européen a présenté une motion au Sénat », confie-t-il, persuadé que « le bon sens va l’emporter » au cabinet de Sébastien Lecornu.

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