Le vice-président du Rassemblement national (RN), Sébastien Chenu, a estimé, vendredi 25 septembre, qu’« il ne [fallait] pas envoyer de militaires » français pour protéger le site de Yanbou, port pétrolier saoudien et maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques du pays, comme l’a annoncé la veille le président français, Emmanuel Macron.
« Ce n’est pas la bonne idée, ce n’est pas la bonne voie, a déclaré le député d’extrême droite sur RMC et BFM-TV. C’est prendre un certain nombre de risques que nous ne voulons pas prendre (…), parce que nous n’avons pas d’accords de défense qui nous lient et qui font de l’Arabie saoudite un partenaire. » Il a rappelé que Riyad avait « déjà des accords de défense avec la Turquie et le Pakistan ». « Pourquoi ne se tournent-ils pas vers leurs partenaires naturels ? », a-t-il interrogé.
Jeudi soir, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait « envoyer des moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense » pour « protéger » le site de Yanbou, « pas engager [la France] dans quelque conflit, mais protéger ce site ».
« Installer un théâtre de guerre »
Il existe des accords de coopération et d’assistance militaires entre la France et l’Arabie saoudite (formation, entraînements, coopération dans le domaine de l’armement, etc.), mais pas de clause de défense mutuelle, comme il en existe dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
Interrogé sur l’éventuel envoi d’avions de combat Rafale, le président a affirmé que l’« on verra[it] l’évolution et, selon les besoins, on en a dans la région ». « Mais en tout cas, on se met en situation de protéger ce site » parce qu’il en sortait, « il y a quelques semaines de là, chaque jour plus de 5 millions de barils », a-t-il ajouté.
Principal terminal saoudien d’exportation de brut sur la mer Rouge, ce port est relié aux régions pétrolifères du royaume, situées près du Golfe, par l’oléoduc Est-Ouest, également connu sous le nom de Petroline.
Le candidat de La France insoumise à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a réclamé dès jeudi soir un vote du Parlement. « Des troupes en Arabie saoudite, c’est s’installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant. Donc l’Assemblée doit voter sur le sujet. Article 35 de la Constitution », a-t-il écrit sur X.
« A partir du moment où on n’a pas d’accords de défense, le vote est un peu superfétatoire », a estimé Sébastien Chenu, « mais s’il y avait un vote on ne serait pas d’accord ».