Tout le monde en campagne mais chacun dans son espace-temps. Depuis le début du mois d’octobre, les candidats à l’élection présidentielle s’épanouissent sur leur terre de prédilection, fortifiant leur pré carré, s’observant du coin de l’œil, sans jamais se confronter.
Mardi 13 octobre, Jean-Luc Mélenchon, représentant de La France insoumise, s’est à nouveau rendu au milieu des cortèges de lycéens d’où il a critiqué la « hargne médiatique » et conspué les « policiers » qui « s’essoufflent à courir derrière les jeunes pour les tabasser et les blesser ». Le même jour, Edouard Philippe (Horizons) a, lui, participé à un sommet sur la compétitivité économique où il a répété que « la France doit d’abord remettre de l’ordre dans ses comptes » avant d’espérer pouvoir peser à nouveau sur la scène européenne. Mercredi 14 octobre, Marine Le Pen, candidate d’un Rassemblement national toujours aussi eurosceptique, s’est déplacée à Bruxelles pour mieux critiquer une Union européenne avec laquelle elle veut engager un « bras de fer ».
En ce début d’automne, les potentiels successeurs d’Emmanuel Macron s’échauffent sur des rings séparés. Un jour, on peaufine ses arguments à grands coups de messages sur X et de vidéos sur TikTok. Un autre, on soigne ses propres sympathisants en rodant ses discours et ses scénographies comme Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal (Renaissance) en meeting le week-end des 10 et 11 octobre. Une stratégie classique destinée à cimenter le fameux socle du premier tour. A la gauche radicale la jeunesse protestataire, à l’extrême droite les nostalgiques d’une France barricadée et les partisans de l’ordre, au centre droit les milieux économiques…
Rejet de l’ancien monde
Face à une Marine Le Pen au sommet des intentions de vote, les autres prétendants rêvent de gagner un ticket pour le second tour qui se situera sans doute entre 15 % et 20 %. Leur « clientèle » électorale suffira-t-elle à franchir ce seuil ? Rien n’est moins sûr pour les représentants des partis dits « de gouvernement » obligés d’affronter des vents contraires puissants. Le rejet d’un ancien monde dont le macronisme est devenu le dernier représentant semble infuser au cœur de nouvelles catégories, notamment les retraités. Et, dans ce paysage où les lignes évoluent très vite avec une grande partie d’électeurs indécis, les piédestaux peuvent vite s’effriter.
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