Si le vol des bijoux de la Couronne au Louvre, en octobre 2025, a plongé le monde dans la stupeur, il a particulièrement bouleversé Louise Vo Tan. Et pour cause : un mois avant le casse, l’artiste avait eu le privilège de filmer ces précieuses reliques, seule dans la galerie d’Apollon. A partir du 4 juillet, c’est aux confins de Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), à la pointe des aiguilles de Port-Coton, que la jeune femme fera revivre ces joyaux sous la forme d’hologrammes.
Diplômée des Beaux-Arts de Paris, Louise Vo Tan nourrit depuis toujours une obsession : investir les espaces clos, réglementés ou réputés inaccessibles, les « zones de haute sécurité, où se décident les formes du pouvoir », explique-t-elle. Récemment, elle a infiltré le Banc national d’épreuve des armes, à Saint-Etienne – seul établissement habilité en France à neutraliser les armes. Auparavant, elle avait suivi le cycle de fin de vie des voitures dans une ferraillerie en Flandre (Belgique).
« Ces bijoux n’ont jamais été aussi vivants »
Depuis sa première découverte des bijoux de la Couronne, voilà dix ans, leur image la hantait. « C’était comme des gâteaux ultra-appétissants derrière leurs vitrines », raconte-t-elle. Alors, lorsqu’une amie étudiante aux Beaux-Arts, engagée dans un workshop avec le Musée du Louvre, lui propose de l’y retrouver un mardi, jour de fermeture, elle saute sur l’occasion. C’est ainsi que le 23 septembre 2025, Louise Vo Tan parvient à filmer les bijoux, caméra à l’épaule, au plus près, durant une dizaine de minutes. « Je n’avais même pas le temps de les regarder, je les voyais à travers mon viseur. Ils étaient éclatants, on aurait dit de la meringue », se souvient-elle.
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