« La colère » et « la honte » exprimées par Emmanuel Macron, dimanche 18 octobre, n’ont, semble-t-il, pas suffi à camoufler les failles d’un pouvoir usé par les crises. Au lendemain des manifestations d’ampleur agrégeant les revendications lycéennes et la colère contre « la vie chère », le président de la République a défendu l’autorité de l’Etat, gravement atteinte par les heurts des dernières quarante-huit heures. Sans pour autant présenter de réponse concrète aux maux du 17 octobre.
Son message, formulé à la veille d’une tournée de trois jours au Moyen-Orient, était destiné à rassurer les Français sidérés par les violences mais aussi les marchés financiers et les observateurs internationaux, inquiets de la montée des tensions en France.
C’est dans le décor solennel de son bureau à l’Elysée qu’Emmanuel Macron a prononcé une allocution d’une dizaine de minutes sur les coups de 20 heures. L’exercice s’est imposé à lui au lendemain d’une éruption de violence comme le pays n’en avait pas connu depuis longtemps. Agressions, pillages, dégradations de biens publics… La journée du 17 octobre n’a rien eu à envier aux épisodes les plus graves de la crise des « gilets jaunes » en 2018. « Des factieux issus de groupuscules d’ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes », a décrit le chef de l’Etat, faisant le distinguo avec les centaines de milliers de manifestants « aux revendications légitimes ».
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