« Au moins huit personnels » de l’éducation nationale ont été blessés lundi 12 octobre matin en marge des mobilisations du mouvement lycéen, a déclaré le ministère dans un message à la presse. Et ce, à la veille d’une nouvelle journée d’actions et de grève en soutien au mouvement lycéen.
Si « les fermetures d’établissements reculent », avec 96,5 % d’établissements ouverts lundi, « les violences s’intensifient », a relevé le ministère, ajoutant qu’elles étaient « particulièrement concentrées dans l’académie de Créteil, ainsi qu’à Bordeaux et Lyon ».
Le procureur de la République de Reims, François Schneider, a annoncé que deux agents avaient été blessés, sans préciser leur état de santé. Aucune interpellation n’a encore eu lieu, a-t-il précisé. « Deux agents de l’établissement ont été blessés par des tirs de mortier, l’un d’eux ayant été touché dans le dos », a réagi en exprimant sa « profonde indignation » le maire de Reims, Arnaud Robinet.
« Cette situation particulièrement choquante ne doit pas rester impunie et de lourdes sanctions devront frapper les auteurs de cette agression abjecte », a ajouté le maire et candidat à l’élection présidentielle du parti Horizons, Edouard Philippe.
27 départements concernés
Alors que le mouvement lycéen entre dans sa quatrième semaine, le ministère de l’éducation nationale s’est félicité d’« un recul des fermetures » ce lundi, avec « 130 établissements fermés, contre 172 vendredi, soit une baisse de près de 25 %, et de 86 % par rapport au 6 octobre ».
Selon le ministère, « leur emprise territoriale se réduit également », avec 27 départements concernés contre 33 vendredi et aucune fermeture totale dans 74 départements. Il estime ainsi que « le mouvement recule donc nettement dans ses effets sur l’ouverture des établissements », les « foyers de perturbation » étant désormais « plus circonscrits ».
Le ministère ne communique toutefois pas le nombre d’établissements perturbés, certains continuant d’accueillir des élèves malgré les manifestations, ou se trouvant dans l’incapacité d’accueillir des élèves à cause de blocages.
Le président de la République, Emmanuel Macron, a également réagi. La mobilisation des jeunes doit se faire « dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens », a-t-il déclaré lundi. Leurs revendications sont « des sujets qui méritent du temps, de la concertation, de la discussion, du respect », a répété le chef de l’Etat, en marge d’une visite au Mondial de l’auto, à Paris, ajoutant, à l’adresse de La France insoumise, que « dans plusieurs endroits, il y a eu une volonté de récupérer » la colère des jeunes.
« Le gouvernement avance (…) l’ensemble des ministres concernés sont sur le terrain aussi pour mener ce travail d’écoute, de concertation, puis de décision », a-t-il assuré alors que le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants, annoncé la semaine dernière par l’exécutif, a débuté.