Il faut se méfier des hauts fonctionnaires en complet gris anthracite, ils cachent parfois des révolutionnaires. Manières policées, voix calme, Nicolas Dufrêne n’a rien du type qui tient les barricades, malgré une carrure imposante. Mais il porte en lui depuis des années une idée qui bouscule la campagne présidentielle : l’annulation de la dette de la France possédée par la Banque centrale européenne (BCE) – autour de 16,6 % du total actuellement, soit 599 milliards d’euros.
Voilà six ans que lui et Alain Grandjean, un économiste spécialisé dans la transition climatique, ont formulé cette suggestion dans un livre, Une monnaie écologique (éd. Odile Jacob, 2020). Depuis, d’une première tribune publiée dans Le Monde en mai 2020 avec six autres économistes français à une autre, signée en février 2021 par 150 économistes du monde entier et relayée dans huit journaux européens, l’idée fait son chemin. Jusqu’à l’explosion récente, fin août, quand Jean-Luc Mélenchon l’a mise au centre de ses propositions : « Il suffit de les prendre [les dettes] et de les foutre au feu », a lancé le leader de La France insoumise (LFI), avec le sens de la provocation dont il a le secret.
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