Avant même le lever du jour, des militants ukrainiens se sont postés devant les portes encore closes du tribunal de Hambourg, un drapeau et quelques pancartes à la main. « Est-ce que c’est autorisé de porter une chemise comme ça dans la salle ? », demande timidement une dame en anglais, montrant sa blouse brodée traditionnelle ukrainienne sous sa doudoune. « C’est pour Serhi, pour qu’il se sente soutenu. Ce qu’il a fait, c’est pour la démocratie, c’est pour l’Europe », explique-t-elle.
Mercredi 14 octobre s’est ouvert le procès de l’Ukrainien Serhi Kouznietsov, ancien officier de l’armée ukrainienne et membre d’une unité de forces spéciales, soupçonné d’avoir orchestré l’explosion, le 26 septembre 2022, des deux gazoducs sous-marins Nord Stream 1 et 2, lesquels reliaient la Russie à l’Allemagne par la mer Baltique. Un sabotage spectaculaire survenu sept mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et dont l’Allemagne accuse aujourd’hui officiellement Kiev d’être responsable.
Mercredi, plus d’une centaine de journalistes internationaux se sont pressés dans la petite salle 237 du tribunal de Hambourg, la plus sécurisée du palais de justice, équipée de vitres de protection et d’un filet accroché au plafond. Serhi Kouznietsov, 50 ans, fait lui-même l’objet de conditions de détention particulièrement strictes, d’après ses avocats, et est maintenu à l’isolement.
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