Le premier ministre, Sébastien Lecornu, demande aux collectivités locales 5,4 milliards d’euros d’effort en 2027 ; Marine Le Pen, si elle remporte l’élection présidentielle, exigera de leur part 8,2 milliards d’euros. La candidate du Rassemblement national (RN) présentait, mardi 6 octobre, un projet de contre-budget pour 2027 et, surtout, la trajectoire financière de son éventuel quinquennat. Objectif : 136,2 milliards d’euros d’économie à l’horizon 2031, dont 66,4 milliards dès 2027.
La ponction sur les collectivités locales serait, elle, de 8,2 milliards d’euros l’an prochain. Pour y parvenir, Marine Le Pen propose notamment la suppression des intercommunalités. Les 1 263 regroupements de communes du pays ne sont pas toujours très bien identifiés par les citoyens, mais leur rôle est néanmoins essentiel. Les communes se rassemblent pour faire à plusieurs ce qu’elles ne pourraient plus faire seules, qu’il s’agisse du service public de la petite enfance ou de la gestion de l’eau, par exemple.
Pour les élus locaux, la perspective que tout cela soit balayé d’un trait de plume est un choc. Certes, la marche vers la coopération entre communes n’a pas toujours été une promenade de santé. Il y a près de 35 000 communes en France, soit 40 % du total européen. L’Etat a considéré en 2010 que la contrepartie à cet émiettement devait être, pour les municipalités, de travailler avec leurs voisines pour rationaliser le service rendu. Depuis la loi du 16 décembre 2010, appartenir à une « interco » est devenu obligatoire, et les maires leur ont transféré de nombreuses compétences.
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