Même sur le banc des prévenus, c’est lui le chef. A son procès, mardi 21 juillet devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, Gabriel Loustau, le plus grand de taille, s’assoit au centre, entre ses deux autres coprévenus, donne ses consignes aux avocats et gère les relations avec la presse : « Je ne répondrai pas à vos questions », lance-t-il au Monde − qui n’avait pas l’intention de l’interroger − l’air furieux, juste après avoir appris sa condamnation à six mois de prison ferme pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité ». Le président du tribunal lui a précisé qu’il pourrait effectuer cette peine à domicile et sous bracelet électronique.
Dans le monde fermé de l’ultradroite, Gabriel Loustau avait déjà un nom, il est en train de se faire un prénom. Le jeune homme de 25 ans est le petit-fils de Fernand Loustau (1937-1993), ami de Jean-Marie Le Pen, ancien parachutiste et membre de l’OAS, une organisation qui mena des actions terroristes pour maintenir l’Algérie française. Son père Axel, 55 ans, est un proche de Marine Le Pen qu’il a connue sur les bancs de la faculté de droit d’Assas, où il militait au GUD (Groupe union défense), un groupuscule étudiant d’extrême droite violent dissout en 2024. Il est aussi un ex-candidat, un financier et un prestataire du Front national (FN) et continue d’agir dans les coulisses du Rassemblement national (RN). Et, enfin, un grand admirateur du IIIe Reich.
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