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Rénovation des lycées : la liste du gouvernement contestée par les régions, qui dénoncent une méthode « inacceptable »

Rénovation des lycées : la liste du gouvernement contestée par les régions, qui dénoncent une méthode « inacceptable »

La liste des 200 lycées à rénover « en priorité », publiée cette semaine par le gouvernement à l’issue d’une consultation en ligne organisée en octobre, suscite de vives critiques de la part des régions, qui dénoncent une méthode « inacceptable ». Selon le ministère de l’éducation nationale, cette consultation, ouverte à tous sans vérification du statut des participants, a recueilli plus de 100 000 contributions, dont « 56 % de signalements sur le bâti scolaire, dans 2 162 lycées publics sur 2 301 ».

Les contributions font état de bâtiments vétustes ou dégradés, d’équipements insuffisants et de salles de classe surchauffées l’été ou mal chauffées l’hiver. Sur cette base, le gouvernement a établi une liste de 200 établissements jugés « prioritaires », qui comprend notamment plus d’un lycée sur cinq en Corse et plus d’un sur huit en Occitanie. Les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France figurent également parmi les plus représentées.

« Le questionnaire n’a pas été co-construit avec la Région (…) Les pourcentages sont faux, les chiffres sont faux (…) Ils se sont basés sur 201 lycées, alors qu’on en a 270 ici », a critiqué le vice-président chargé de l’éducation dans les Hauts-de-France, Laurent Rigaud (divers droite). Dans les 19 établissements régionaux « mis au pilori », « de nombreux travaux ont été faits, de gros chantiers sont encore en cours », a-t-il ajouté, soulignant que « beaucoup » d’autres ayant des besoins « ne font pas partie de cette liste ».

Lundi, sur France Inter, le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a annoncé que la plateforme de concertation avait permis d’identifier 200 bâtiments à rénover en priorité, se félicitant que « pour la première fois, les lycéens ont un effet sur leur vie ».

« Une mystification », pour la région Nouvelle-Aquitaine. « Conçue sans y associer les différentes parties prenantes de la vie lycéenne » – élèves, personnels et services de la collectivité qui a la charge financière des établissements –, cette consultation est « dépourvue de toute rigueur statistique », dénoncent son président socialiste, Alain Rousset, et le vice-président à l’éducation, Jean-Louis Nembrini.

« Bricolage »

Cet ancien conseiller ministériel et directeur général de l’enseignement scolaire dans les années 2000, avait accompagné mi-octobre Edouard Geffray dans l’académie bordelaise, visitant notamment un lycée de Gradignan dont les élèves ont le plus contribué, en Gironde, à la plateforme. Dans cet établissement, en 12ᵉ position parmi les 200 ciblés comme « prioritaires », le ministre avait évoqué un problème d’eau dans le gymnase. Mais l’urgence est ailleurs pour la région, qui qualifie de « bricolage » la liste du gouvernement, « tant elle diverge de celle des établissements qui connaissent de réelles difficultés bâtimentaires ».

« Les Régions ont besoin de moyens d’agir, pas de palmarès statistiques », abonde la région Grand Est, présidée par Franck Leroy (divers droite), pour qui le classement du ministère « ne mesure ni la gravité des difficultés, ni l’urgence des travaux ».

Pour la région Normandie, présidée par le centriste Hervé Morin, la méthode utilisée « est dépourvue de sens » et trahit « une méconnaissance totale de la réalité des établissements », qui « ne concorde absolument pas avec la liste diffusée par le ministère ».

Sa valeur est « très, très erratique », renchérit Jérôme Durain, président socialiste de la région Bourgogne-Franche-Comté, moquant un « Tripadvisor des lycées ». « L’Etat essaie de refiler la patate chaude aux régions, en essayant de majorer la part bâtimentaire au détriment des autres aspects que sont Parcoursup, les conséquences de la réforme Blanquer, le non-remplacement des professeurs. C’est pas avec ça qu’on va calmer les ardeurs lycéennes. »

L’association Régions de France, qui réunit leurs présidents, dénonce « de graves erreurs factuelles ». « Des vérifications élémentaires vous auraient permis de détecter dans cette liste des lycées complètement rénovés (comme en Martinique) ou qui ont même reçu récemment un prix d’architecture (comme à Sartrouville) », critique-t-elle dans un courrier adressé jeudi au ministre, dénonçant « un exercice de communication démagogique ».

En plein débat budgétaire, l’association accuse enfin le gouvernement d’avoir prélevé 2,7 milliards d’euros aux collectivités régionales depuis trois ans, « soit la somme qu’elles consacrent chaque année à l’investissement dans les lycées ! »

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