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Sélection galerie : Tim Eitel expose un monde trompeur chez Jousse Entreprise

Sélection galerie : Tim Eitel expose un monde trompeur chez Jousse Entreprise

De loin, la peinture de Tim Eitel inspire confiance. On y reconnaît des figures humaines et, le plus souvent, les indices d’un lieu – des meubles, des murs. Comme Eitel est né en Allemagne, en 1971, et y a fait ses études, il semble légitime de l’inscrire dans l’histoire du réalisme pictural allemand et de ce qui s’appelait dans l’entre-deux-guerres la Nouvelle Objectivité. Erreur. Dix ou Hubbuch représentaient le monde. Il n’y a rien de social ou de moral dans l’œuvre d’Eitel, mais, à l’inverse, un grand doute sur la vérité en peinture.

A y regarder de près, il se révèle que rien ne va dans ces toiles trompeuses. Une femme est à moitié peinte de façon précise, à moitié réduite à une zone blanche. D’autres se fondent dans l’obscurité et il n’en reste que des traces à peine repérables. Dans les grands formats, la perspective est rompue, l’espace obstrué par un plan vertical ou divisé comme par une vitre. La répétition d’une même figure, complète ou incomplète, rend toute interprétation impossible. Les paysages et l’émouvant clair de lune lui-même subissent des perturbations étranges. Rien ne va, et c’est pourquoi ces toiles sont si intéressantes.

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