Certains y verront un genre d’« opération déminage ». Alors qu’un appel à la grève est lancé pour jeudi 8 octobre par la CGT de TotalEnergies sur « tous les sites » du groupe pétro-gazier, y compris les raffineries et certaines stations-service, la direction confirme le versement d’une prime exceptionnelle pour l’année 2026 à l’ensemble de ses salariés en France, selon un document que Le Monde s’est procuré. Un geste auquel s’était engagé, en mai, le PDG Patrick Pouyanné, à l’occasion d’un comité d’entreprise européen.
Une avance de 1 000 euros doit être versée dès à présent, sans attendre l’ouverture des négociations annuelles obligatoires (NAO), en décembre. « Nous avons souhaité adresser un signal concret à l’ensemble de nos salariés en France » et ainsi manifester « notre volonté de reconnaître dès aujourd’hui leur contribution à la réussite collective de la compagnie », précise, dans ce document interne, Catherine Remy, la directrice générale « people and social engagement » du groupe.
La décision illustre la fébrilité que suscite la perspective d’un mouvement social dont les ingrédients évoquent le précédent de l’automne 2022. A l’époque, un conflit salarial interne à l’entreprise avait dégénéré, en quelques semaines, en crise nationale de l’approvisionnement en carburants. Le contexte était déjà celui d’une flambée des prix de l’énergie, provoquée par le conflit russo-ukrainien, source de résultats exceptionnels pour le groupe. Durant trois semaines, une grève persistante avait entraîné des pénuries, voire la fermeture de certaines stations-service, poussant le gouvernement à ordonner des réquisitions. La multinationationale avait fini par concéder d’importantes revalorisations.
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