Yves a 77 ans. Il a toujours payé son loyer et n’a jamais demandé de crédit à sa banque. « Je n’ai jamais eu de dettes », lance-t-il, lundi 5 octobre, à sa conseillère budgétaire, bénévole de l’association Crésus, qui accompagne les personnes en difficulté financière. Ses relevés bancaires disent pourtant l’inverse : au fil des ans, il a signé quatre crédits à la consommation chez Cofidis et Sofinco, respectivement filiales du Crédit mutuel et du Crédit agricole, assortis de taux d’intérêt compris entre 15,66 % et 23,5 %. Il doit leur rembourser 377 euros tous les mois.
Yves a requis l’anonymat, comme toutes les personnes interrogées au sein de Crésus Ile-de-France. Il a beau vivre une vie sans excès aux abords de la porte de Clignancourt, à Paris, sa retraite mensuelle de 1 042 euros ne lui permet plus de rembourser ses dettes. Son dossier fait partie des plus simples à gérer. La Banque de France, qui reçoit et instruit les dossiers de surendettement à l’échelle du pays, lui donne rendez-vous le lendemain pour alléger sa charge : elle a le pouvoir de réduire les taux d’intérêt de ses créanciers à un niveau proche de 0 %, et de ramener ses remboursements à une centaine d’euros par mois, nous explique sa conseillère budgétaire.
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