Chroniques de guerre

Volodymyr Zelensky propose à Vladimir Poutine une rencontre directe pour mettre fin à la guerre en Ukraine

Volodymyr Zelensky propose à Vladimir Poutine une rencontre directe pour mettre fin à la guerre en Ukraine

Rarement, Volodymyr Zelensky s’est adressé directement à Vladimir Poutine depuis le déclenchement de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Mais le président ukrainien a marqué le coup, jeudi 4 juin, en adressant une lettre ouverte à l’attention de son homologue russe, dans laquelle il l’invite à une rencontre en tête-à-tête pour négocier une fin de conflit.

« L’Ukraine propose de mettre fin à cette guerre via un contact direct entre vous et nous. Je propose une rencontre », a écrit Volodymyr Zelensky, suggérant « la Suisse, la Turquie et les pays du monde arabe » comme hôtes possibles de ces discussions. « Je propose de décider d’une date claire pour cette rencontre », a-t-il ajouté, indiquant que l’Ukraine était « prête à un cessez-le-feu complet pour la durée des négociations » auxquelles il estime que l’Europe et les Etats-Unis doivent participer.

Dans ce texte, M. Zelensky, qui a déjà appelé par le passé à une rencontre, accuse son homologue d’avoir consacré près de la moitié de ses vingt-six années au pouvoir à faire la guerre à l’Ukraine et affirme que le conflit est le « choix personnel » de celui-ci.

Le président ukrainien estime que les ressources de la Russie s’épuisent, que les pertes russes dépassent 30 000 soldats, tués ou grièvement blessés, par mois et que Moscou ne parviendra pas à atteindre ses objectifs militaires en Ukraine.

La médiation américaine au point mort

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répondu que le président Poutine n’avait pas encore vu la lettre – il finissait une rencontre avec la presse étrangère à Saint-Pétersbourg au moment de sa publication –, mais a ajouté que M. Zelensky pouvait « à tout moment » venir le rencontrer, « à Moscou », ce que le chef de l’Etat ukrainien écarte dans sa missive.

Une rencontre entre les deux dirigeants serait « super », a affirmé, de son côté, le président américain, Donald Trump, en soulignant que la Russie et l’Ukraine devront « faire des compromis ». Les efforts de négociation sous médiation américaine sont au point mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Kiev a fait à plusieurs reprises la proposition d’un cessez-le-feu prolongé pour favoriser des négociations. Mais Moscou rejette cette idée, arguant que cela permettrait à l’armée ukrainienne de se renforcer.

Vladimir Poutine a déjà affirmé qu’il ne serait prêt à une rencontre avec M. Zelensky qu’une fois qu’un accord de paix aurait été entièrement finalisé par les équipes de négociations. Le président russe a de nouveau questionné la légitimité de son homologue ukrainien à mener des négociations, soulignant, jeudi, que le mandat de M. Zelensky a expiré en 2024. Sous la loi martiale en vigueur depuis le déclenchement de l’invasion russe de l’Ukraine, aucune élection ne peut avoir lieu.

« L’Ukraine continuera à se battre pour son existence »

La publication de cette lettre a eu lieu alors que le Vladimir Poutine reconnaît que la Russie doit « améliorer » et « renforcer » sa défense antiaérienne, au lendemain de frappes de drones ukrainiens sur un terminal pétrolier et une base navale militaire de Saint-Pétersbourg, ville natale du président russe où débutait le traditionnel Forum économique international. L’Ukraine a récemment intensifié ses frappes de drones sur les territoires occupés et la Russie en représailles aux bombardements russes quotidiens contre son territoire.

« Si vous n’arrivez pas à la conclusion qu’il est temps de mettre fin à cette guerre, l’Ukraine continuera à se battre pour son existence », prévient M. Zelensky qui conclut sa lettre par un avertissement historique à l’encontre de son homologue : « Quand la Russie est fatiguée, le changement arrive. »

M. Poutine a lui affirmé depuis Saint-Pétersbourg être toujours prêt à négocier avec Kiev un accord de sortie du conflit, qui n’exclut pas selon lui un contrôle total de Moscou sur le Donbass, bassin minier dans l’est de l’Ukraine dont fait partie Donetsk. Une condition que rejette l’Ukraine, l’assimilant à une capitulation

Le dirigeant russe a par ailleurs affirmé que les troupes de Moscou avancent « sur l’ensemble de la ligne de front ». Une analyse par l’Agence France-Presse (AFP) des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) montre cependant que l’Ukraine a repris aux Russes quelque 282 km2 en mai, réduisant pour le deuxième mois d’affilée la zone de son territoire contrôlée par Moscou, qui gagnait du terrain depuis l’automne 2023.

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