L’escalier donne une vue plongeante sur la plage du Minihic, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), tiraillée entre le soleil et le vent de ce matin de mai. Sur le sable, on joue. Certains tentent même la baignade. Alain André, Jean-Luc Villette, Marie-Geneviève d’Aiglepierre, Alexis Clidière et Jeanne Bert Olivier admirent ce paysage qui fait leur quotidien dans ce quartier résidentiel de la cité.
« Cet environnement, c’est un bien commun que l’on va transformer au profit du tourisme de luxe », peste le premier. De part et d’autre de la rue qui mène à la plage se trouve en effet le site de l’ancien camping municipal des Nielles, qu’ils ont connu « très populaire et ouvert à tous ». Il a fermé en 2015 avant que, l’année suivante, le groupe Raulic, propriétaire des Thermes marins de Saint-Malo, y annonce la construction d’un complexe hôtelier 4 et 5 étoiles avec thalasso et spa. « Nous n’aurons plus accès facilement à la mer », regrette Jean-Luc Villette, quand Marie-Geneviève d’Aiglepierre ironise : « On aura vue sur la piscine à débordement… »
Depuis 2016, ils sont une centaine à avoir rejoint l’association Autour des Nielles pour empêcher cette construction « monumentale » de voir le jour, déplorant en premier lieu son impact environnemental, tant sur la faune, la flore que sur la mer et la falaise.
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