Les rues de Paris ont fait parler d’elles autrement depuis. Mais en ce mercredi 7 octobre, à l’Hôtel de ville, il est question de l’allure des seules rues de Bassano et Galilée. Sur ces deux voies, parallèles, du 8e arrondissement, la griffe de luxe Louis Vuitton offre de concourir au « réaménagement » des espaces qui bordent le chantier du 103, avenue des Champs-Elysées, où elle aménage un nouveau « megastore ». Et d’en payer la facture à 100 %.
Au Conseil de Paris, huit élus parisiens se succèdent au micro. Les questions fusent, l’indignation pointe. Agacé, l’adjoint chargé de l’espace public, Thomas Chevandier, insiste sur le « contrôle de la Ville à toutes les étapes ». Le maire socialiste de la capitale, Emmanuel Grégoire, a lui aussi les nerfs à vif. Qu’ils aient consacré quarante minutes à échanger « sur un sujet d’une banalité confondante » est à ses yeux « ubuesque ».
Ses alliés communistes craignent le contrôle par la maison de luxe du « bout de ville où elle a ses locaux ». Les écologistes de la majorité voient « l’intérêt du malletier », moins celui des Parisiens. Le centre et la droite s’interrogent sur « la doctrine » du « financement de l’espace public ». Emmanuel Grégoire « assume totalement ». « Chaque fois qu’il me sera donné l’occasion d’appeler à contribution ceux qui le peuvent (…) je prendrai leur argent, pour aller financer dans les quartiers où personne ne le fera à notre place ! », avertit-il. Les socialistes et une partie des communistes votent pour. La droite aussi, mais avec réserves. La délibération est adoptée.
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