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Aubagne : Edouard Geffray dénonce un « acte criminel » après qu’un élève a tiré sur le principal et une professeure de son collège

Aubagne : Edouard Geffray dénonce un « acte criminel » après qu’un élève a tiré sur le principal et une professeure de son collège

Un collégien de 14 ans a blessé le principal du collège Joseph-Lakanal à Aubagne (Bouches-du-Rhône) et une professeure avec une arme à feu, a annoncé Matignon, lundi 12 octobre. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, ainsi que la ministre déléguée chargée de l’enseignement, Sabrina Roubache, sont arrivés sur place en milieu d’après-midi. Ils ont assisté à une réunion avec l’équipe éducative, puis avec les forces engagées lors de l’attaque, remerciant les forces de l’ordre et les secours, ainsi que le personnel de l’établissement.

« Nous sommes venus témoigner de l’unité et de la société et de la communauté éducative autour d’une équipe qui est extrêmement éprouvée », a témoigné le ministre de l’éducation, assurant que cet acte n’était « pas lié au blocage du lycée ». Edouard Geffray a dénoncé « un acte criminel [qui] a une résonance très particulière pour nous, puisqu’il s’inscrit dans la semaine de commémoration des assassinats de [Dominique] Bernard et [Samuel] Paty ».

Le ministre a dénoncé « un phénomène sociétal global, où nous avons une violence débridée de la part de certains jeunes, singulièrement à l’encontre de l’institution scolaire », estimant que « l’école ne peut pas traiter de la grande violence ». Mardi, le collège accueillera seulement les professeurs, et, mercredi, les élèves pourront revenir mais « sans doute pas pour faire cours (…) parce qu’ils ont besoin de parler », a précisé le ministre, avant de quitter l’établissement.

Dans un communiqué, le parquet de Marseille a retracé les faits : « Un élève âgé de 14 ans, scolarisé en 3e au sein du collège, est entré dans l’établissement avec un fusil de chasse dissimulé dans un étui à guitare. » Peu après 9 heures, l’adolescent a tiré à une ou deux reprises dans les espaces communs du 1er étage, blessant le principal et une professeure, présents dans le couloir, poursuit le parquet. « Touchés tous les deux aux membres inférieurs, ils ont été transportés à l’hôpital, sans pronostic vital engagé. »

Puis le tireur s’est rendu au 2e étage avant de tirer à deux reprises : une fois devant une professeure en direction du sol, et une seconde fois à l’intérieur d’une salle de classe occupée. Le tir a atteint le tableau. « Les deux professeures ainsi que les élèves [n’ont pas été] blessés mais [sont] fortement choqués. » Enfin, l’auteur des faits a été maîtrisé, alors qu’il redescendait dans les escaliers, par un membre du personnel de l’établissement avant d’être interpellé et placé en garde à vue. Le contexte des tirs n’a pas été précisé, pas plus qu’un éventuel lien avec le mouvement lycéen. Le père du suspect a été placé en garde à vue, a dit Laurent Nuñez à la presse, ajoutant que des perquisitions étaient en cours.

Enquête pour « tentatives d’assassinat »

Le préfet du département, Jacques Witkowski, a déclaré à l’Agence France-Presse que « le suspect, pour une raison qu’on ne connaît pas, a tiré sur le proviseur, qui a pris une gerbe de plomb de chasse dans les cuisses et le bas du dos ». « Il a tiré une deuxième fois sur une professeure qui a pris un plomb dans la cuisse », a-t-il ajouté.

Le chef d’établissement est âgé de 53 ans et l’enseignante de 37 ans. Selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, une troisième personne a été légèrement éraflée. « C’est un élève du collège, scolarisé ici en classe de 3e. Il n’est pas connu pour des faits de délinquance, de radicalisation », assure le préfet.

« Toute une série d’hypothèses vont être exploitées (…) On nous a parlé peut-être de harcèlement (…) Tout ceci va être analysé et le mobile, à l’heure qu’il est, n’est pas encore établi », a averti la procureure adjointe. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour « tentatives d’assassinat ». La brigade criminelle a été saisie, a précisé M. Nuñez, annonçant des perquisitions en cours.

« L’équipe précédente du collège avait refusé la sécurisation de l’établissement. Le nouveau principal nous avait demandé de le faire », a affirmé la présidente divers droite du département (chargé des collèges) des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal. Elle s’est engagée à « faire les sécurisations de la dizaine de collèges qui restent dans le département, que le chef d’établissement le veuille ou pas ». Selon Edouard Geffray, qui a fait savoir que des fouilles avaient déjà eu lieu dans ce collège, la présence d’un portique de sécurité n’aurait toutefois pas permis d’empêcher cet acte.

Les deux blessés ont été pris en charge en urgence relative, selon le maire de la ville, Jean-Pierre Squillari. L’édile a confirmé que l’auteur des tirs était « un gamin scolarisé au collège » et qu’« apparemment l’enfant est comme tous les autres (…). Le père avait demandé un rendez-vous avec le CPE, mais on n’en sait pas plus ». « Les gamins n’ont pratiquement rien vu puisque ça s’est passé dans le couloir » mais, « psychologiquement, pas mal [d’entre eux] ont été atteints et ceux en état “défaillant” sont examinés par le psy », ajoutant que la professeure blessée a « une éraflure ».

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