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Budget 2027 : Amélie de Montchalin alerte sur l’état de la dette : « Chaque mois d’inaction aggrave l’asphyxie financière »

Budget 2027 : Amélie de Montchalin alerte sur l’état de la dette : « Chaque mois d’inaction aggrave l’asphyxie financière »

« Nous sommes à l’heure du choix probablement le plus important de la Vᵉ République. » Dans un entretien donné dimanche 20 septembre au Parisien, la première présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, appelle à stopper la dérive de la charge d’intérêt de la dette, alors que le projet de budget pour 2027 sera présenté en conseil des ministres le 1ᵉʳ octobre, avant son examen au Parlement.

Cette charge représentera en 2026 « près de 80 milliards d’euros », souligne Mme de Montchalin, qui s’exprimait pour la première fois depuis sa nomination, il y a sept mois, à la tête de cette institution. « C’est bien plus que le budget du ministère de l’éducation nationale (65 milliards), 40 % de plus que le budget des armées et six fois plus que celui de la justice ». La dette publique a atteint « un niveau inédit en 2025, dépassant le pic de la crise sanitaire de 2020. Nous sommes le seul pays dans cette situation en Europe », affirme-t-elle également.

L’ancienne ministre de l’action et des comptes publics (2024-2026) estime que la charge d’intérêt atteindrait 100 milliards d’euros par an en 2030, voire plus si les taux souverains continuent à monter. « Cette charge n’est pas qu’un chiffre théorique : on ne pourra la payer que par moins de dépenses publiques ou plus d’impôts », prévient-elle, tout en assurant : « Il n’y a pas de fatalité pour la France, si les choix sont rapides et responsables. »

Le gouvernement – qui table sur un déficit public de 5,4 % en 2026, en hausse par rapport aux 5,1 % de 2025 –, prévoit un effort de 54 milliards d’euros l’an prochain pour assainir les finances publiques. Redresser les finances publiques s’annonce d’autant plus difficile que la prévision de croissance a été abaissée à 0,5 % en 2026 sur fond de tensions inflationnistes provoquées par la guerre au Moyen-Orient.

« Aucune pension versée ne diminuera », assure David Amiel

En présentant jeudi les grandes lignes du budget, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a laissé au Parlement le soin de trancher certaines mesures comme celles, sensibles, concernant les retraités. Selon l’avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale, les retraités percevant entre 1 260 et 2 034 euros par mois verraient leur pension du régime général s’accroître, mais à un rythme moins soutenu que l’inflation. Les plus modestes resteraient protégés.

Selon Bercy, « ce sont des mesures d’accroche pour le débat parlementaire et les consultations » en cours. « Aucune pension versée ne diminuera. (…) Il ne s’agit pas de stigmatiser les retraités », a affirmé le ministre des comptes publics, David Amiel, dans La Tribune Dimanche.

L’effort budgétaire prévoit aussi un gel des aides personnalisées au logement (APL), selon le ministre de la ville et du logement, Vincent Jeanbrun, tandis que les ressources des collectivités locales progresseront au niveau de l’inflation, a confirmé Sébastien Lecornu dans une lettre au président du Sénat et dont des extraits ont été publiés samedi dans le journal Ouest-France.

De son côté, la ministre de la culture, Catherine Pégard, a affirmé dimanche sur Franceinfo que le budget de son ministère pour 2027 se traduirait pour les structures du spectacle vivant public par « des crédits en moins », mais « au cas par cas, qui (…) ne rendront pas vulnérables nos établissements ». « On est soumis à des contraintes très fortes, qui sont nouvelles », a déclaré la ministre, qui s’engage à « travailler avec ceux qui sont impactés par ces budgets pour voir comment on peut faire pour ne pas casser la vie culturelle en France ».

Mme Pégard a signalé également avoir « vu récemment les directeurs des grands théâtres parisiens, des opéras ». « On travaille ensemble pour voir ce qu’ils peuvent reporter », selon elle. « On peut différer certains investissements, (…) certains travaux. »

La ministre a également été interrogée sur les inquiétudes du secteur de l’audiovisuel public, alors que la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a annoncé que le groupe allait devoir faire 90 millions d’euros d’économies en 2027. « Je suis bien consciente qu’il faut faire tout ce qui sera (…) possible pour que l’on s’attaque le moins possible à l’information et à la production. C’est mes deux combats pour France Télévisions », a-t-elle assuré.

David Amiel a appelé dimanche les partis à dépasser « l’esprit de boutique » durant l’examen budgétaire. « Le débat parlementaire devra ainsi porter sur le “comment”, c’est-à-dire les mesures, pas sur le “combien”, c’est-à-dire la réduction du déficit, qui est un impératif. » De son côté, Amélie de Montchalin a averti que, s’il n’y avait pas de budget au 31 décembre, « le ministère des finances estime un surcoût d’une quinzaine de milliards d’euros pour les finances publiques ». « Notre pays ne peut pas se le permettre », a-t-elle ajouté.

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