Le candidat souverainiste à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan a exhorté, samedi 19 septembre, à « décoloniser la France », en prônant notamment une sortie de l’Union européenne, depuis son fief de Yerres (Essonne) où il faisait sa rentrée politique.
« Nous devons décoloniser la France, politiquement en sortant de l’Union (européenne), économiquement (avec) le protectionnisme intelligent, migratoirement (avec) l’état régalien, culturellement en réhabilitant la langue française », a-t-il martelé à la tribune.
Pour le souverainiste, qui se lance dans sa quatrième campagne présidentielle à la tête de son parti Debout la France, le « Frexit » est une nécessité et le seul moyen de « rendre à la France son indépendance » et de « récupérer les leviers du pouvoir » comme la possibilité de décider de la mise en place de frontières pour lutter contre l’immigration ou d’assainir les comptes publics en arrêtant l’aide à l’Ukraine et la contribution à l’Union européenne. « Nous sommes majoritaires », a-t-il affirmé, avant de certifier que d’autres nations européennes suivraient la France si elle quittait l’Union européenne.
Son programme, qui repose entièrement sur la sortie de l’Union européenne et qu’il a détaillé dans son discours, inclut la mise en place d’un protectionnisme français, à l’image des Etats-Unis ou de la Chine, qui permettrait la réindustrialisation du pays en arrêtant de « subventionner les entreprises qui délocalisent » et en « relocalisant deux millions d’emplois ».
Référendum d’initiative citoyenne
Par ailleurs, Nicolas Dupont-Aignan a affirmé vouloir « remettre les Français au boulot et récompenser le travail en défiscalisant les heures supplémentaires, en supprimant les frais de succession sur la résidence principale et en plafonnant le cumul des aides sociales en dessous du SMIC ».
En revanche, pas question pour le souverainiste de « spolier » les retraités en désindexant les pensions. Et pour assurer celles des générations futures, il propose de repousser l’âge de départ à la retraite à 62 ans et neuf mois, la mise en place « d’un minimum retraite par capitalisation » et la création « d’un fonds souverain à la norvégienne » pour investir dans les « meilleures entreprises françaises ».
Pour mettre en place ce programme, Nicolas Dupont-Aignan compte sur le RIC, le référendum d’initiative citoyenne, pour « contourner le gouvernement des juges » et « redonner le pouvoir au peuple ». « Il nous reste sept mois pour (nous) rassembler », a-t-il clamé, en appelant les Français, les abstentionnistes et les « orphelins du NON au référendum de 2005 » à se saisir de leur bulletin de vote et à se rendre aux urnes en avril et mai prochain.
Nicolas Dupont-Aignan, élu maire d’Yerres en mars dernier après avoir déjà occupé ce fauteuil de 1995 à 2017, n’a jamais dépassé les 5 % au premier tour de la présidentielle.