Kyrylo Boudanov s’efforce de ravaler sa colère. Voilà près de trois heures, le 9 octobre, que le chef de l’administration présidentielle ukrainienne se sent traité comme un enfant par Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump, qui prétend lui apprendre comment gagner de l’argent. Le rendez-vous, dans le luxueux club de golf Shell Bay, à Hallandale Beach, en Floride, ne ressemble pas aux innombrables séances de ces derniers mois visant à bâtir un plan de paix entre l’Ukraine et la Russie.
« Steve », aux côtés de Jared Kushner, gendre du président américain, préfère ce jour-là parler affaires. Le promoteur immobilier fait miroiter un grand « plan de prospérité régional » pour l’après-guerre, qui inclurait l’Ukraine, l’Europe et la Russie. Il est notamment question de remettre pleinement en service les pipelines transportant du gaz et du pétrole russe vers l’Europe via l’Ukraine. Kiev toucherait des dividendes et le projet ferait baisser le coût de l’énergie en Europe, vante Steve Witkoff, persuadé de tenir ici l’un de ces accords « gagnant-gagnant » que l’on ne peut refuser.
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