Politique

Du monde agricole aux lycées, la France à bout de nerfs

Du monde agricole aux lycées, la France à bout de nerfs

C’est un pays énervé, fatigué. Une population à bout de nerfs et au bout du rouleau, au bord du burn-out. Au sortir d’un été interminable, rythmé par les canicules et les incendies, la France se réveille comme d’un mauvais rêve, en sueur, fébrile, agitée. Accablé par le cumul des crises et des motifs d’inquiétude qui forment les prémices d’une tempête parfaite, le pays hésite entre révolte et abattement, tel un malade atteint de catatonie.

« Se mettre en grève ou manifester est devenu un luxe. Il faut avoir les moyens de rater une journée de travail », jauge Jérémie (les personnes citées par leur prénom n’ont pas souhaité donner leur nom), 31 ans, les yeux rivés sur le compteur d’une pompe à essence de l’Intermarché de Caulnes (Côtes-d’Armor). Il surveille la borne pour ne pas dépasser les 30 euros. C’est le maximum que ce magasinier s’autorise en ce moment. Chaque jour, Jérémie parcourt une centaine de kilomètres : « Quand on habite à la campagne, impossible de vivre sans voiture. Chaque déplacement est un investissement. »

Le cumul des crises est inédit : canicules dévastatrices pour l’agriculture, dette hors de contrôle, explosion des taux d’intérêt, chute du pouvoir d’achat, crise du logement, chômage en hausse, fonction publique déprimée, colère lycéenne, etc. De quelque côté que l’on se tourne, l’avenir est sombre, chargé de menaces : à la crise climatique accélérée, à laquelle le pays n’est pas préparé, risquent de s’ajouter à très court terme une crise financière et une explosion du chômage due aux progrès fulgurants de l’intelligence artificielle (IA). Dans tous ces domaines, la France semble en retard et son gouvernement sans solution. Un pays qui perd pied.

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