Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé, mercredi 28 octobre, la cosaisine de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) après qu’un jeune homme de 23 ans a été grièvement blessé par une voiture de gendarmerie dans la nuit du 20 au 21 octobre à Basse-Terre, en Guadeloupe.
Wendy Olibris reste actuellement dans un état critique. « Plongé dans le coma et opéré, il a été évacué vers l’Hexagone. Il se bat aujourd’hui pour sa vie, sa famille ne demande que la vérité », a détaillé Olivier Serva, député de Guadeloupe (LIOT), en direction de M. Nuñez lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée.
Cette nuit-là, les forces de l’ordre étaient mobilisées pour « prévenir l’installation de barrages sur la voie publique », selon un communiqué de la procureure de Basse-Terre, Stéphanie Bazart, daté du 24 octobre.
Pendant près d’une semaine, des barricades nocturnes ont été érigées à travers l’archipel, en marge d’une vaste mobilisation sociale à l’appel d’un collectif d’associations et de syndicats. « A l’arrivée d’un véhicule de gendarmerie » sur un barrage à Basse-Terre, « un individu [a pris] la fuite (…), suivi pédestrement par des gendarmes », a poursuivi la procureure.
« Au cours de cette course, il [est tombé] au sol et à l’occasion de cette chute, [a été] percuté par un autre véhicule de gendarmerie », toujours selon la même source, qui a ouvert une « enquête pénale du chef de blessures involontaires par conducteur de véhicule », initialement confiée à la section de recherche de Pointe-à-Pitre.
Le lendemain des événements, un communiqué du préfet de Guadeloupe sur le bilan de la nuit en matière de violences n’avait évoqué « aucun incident majeur sur le département ».
« L’état de santé de Wendy demeure préoccupant », a confirmé auprès de l’Agence France-Presse Me Maritza Bernier, avocate de la famille, qui a appelé au calme face à des « rumeurs de décès » en Guadeloupe, le 27 octobre. « Cette enquête [de l’IGGN] permettra d’établir les éventuels manquements des mis en cause au regard de leur déontologie », a précisé l’avocate.
De son côté, Laurent Nuñez a promis « que toute la lumière sera[it] faite sur ces faits ».