Économie

Face à la Chine, la France et l’Espagne défendent des stratégies différentes

Face à la Chine, la France et l’Espagne défendent des stratégies différentes

Si l’on mesure l’intérêt porté à un pays par le nombre de voyages officiels effectués dans ce dernier, nul doute que la Chine est devenue pour l’Espagne une destination ultraprioritaire. Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a effectué pas moins de quatre voyages en trois ans, entre 2023 et 2026, vers l’empire du Milieu. Un record parmi ses homologues dans l’Union européenne (UE), loin devant la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, et le chancelier allemand, Friedrich Merz – un seul voyage chacun. Le président de la République, Emmanuel Macron, a, lui aussi, visité quatre fois la Chine, mais en l’espace de sept ans, entre 2018 et 2025. Seul l’ancien premier ministre hongrois Viktor Orban avait fait presque aussi bien que son homologue espagnol, avec cinq voyages en six ans quand il était au pouvoir.

L’objectif de M. Sanchez est clair : il veut faire de l’Espagne l’une des portes d’entrée des capitaux chinois en Europe afin d’accélérer la réindustrialisation de son pays en misant principalement sur le savoir-faire asiatique dans les batteries électriques et les technologies de l’énergie décarbonée. Une stratégie d’ouverture qui va parfois à l’encontre de celle de l’UE, au moment où les Vingt-Sept tentent de définir les contours de la politique de « made in Europe » dans le cadre du projet de loi européen sur l’accélération industrielle, Industrial Accelerator Act (IAA) présenté au printemps.

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