Les trombinoscopes de début de saison font office de pièces à conviction. Sur les photos en polo siglé où prennent la pose les entraîneurs des équipes féminines professionnelles de France, les femmes sont presque absentes. Elles sont deux pour 12 clubs de handball et 12 de basket, une seule dans le football et une dans le rugby, et il n’y en a aucune parmi les 13 équipes de volley-ball. En écho, l’annonce de la composition du staff des Bleus de Zinédine Zidane, mardi 15 septembre, a incarné cette invisibilisation, encore plus marquée dans les équipes masculines de football : ses 23 membres – de l’analyste vidéo jusqu’au podologue – sont tous des hommes.
Plutôt qu’un plafond de verre, les femmes encadrantes se heurtent à un « plafond de béton », explique Béatrice Barbusse, sociologue spécialisée sur cette question et dirigeante sportive. « Le sport de haut niveau est un sanctuaire masculin qui fonctionne avec ce qu’on appelle, dans le milieu des ressources humaines, un “recrutement de proximité”, donc d’entre-soi, avec des hommes qui recrutent des hommes », explique l’universitaire. Elle décèle une « double division du travail » au sein des clubs : « Verticale, avec de moins en moins de femmes à mesure que l’on monte dans la hiérarchie, et horizontale, dans les fonctions des staffs, où elles sont essentiellement cantonnées aux rôles du “care”, au niveau médical ou auprès des jeunes enfants. »
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