L’AVIS DU « MONDE » À NE PAS MANQUER
L’AVIS DU « MONDE » À NE PAS MANQUER
A chaque fois, on se demande si Hong Sang-soo pourra pousser l’épure encore plus loin. Voilà en effet un cinéaste qui a commencé au mitan des années 1990, dans des productions d’auteur standard, et puis, grâce à l’arrivée des petits formats numériques, s’est délesté progressivement de tout. Jusqu’à tourner quasiment tout seul, avec sa petite troupe d’acteurs fidèles et, comme productrice, sa compagne, Kim Min-hee.
Le Jour de son retour, son 34e long-métrage en trente ans, simple conversation autour d’une table, ne tient plus qu’à un fil. Mais ce fil, c’est l’équivalent du trait de Matisse, la ligne bouclée de Cocteau ou le filament de Calder : le geste nu qui permet d’embrasser une figure, de retracer toute une vie.
Une actrice, Bae Jeongsu, donne une série d’interviews pour un film qu’elle a tourné après douze ans d’absence. Devant elle se succèdent trois journalistes, des jeunes femmes intimidées qui n’ont pas forcément grand-chose à dire sur le film, mais qui s’intéressent de près à sa vie privée. Ancienne gloire de gros films et de séries, Bae a connu un divorce douloureux et un goût immodéré pour la boisson, avant de recentrer son existence sur l’essentiel, hors des plateaux. Professant des principes de détachement (« Il faut voir les choses pour ce qu’elles sont, sans les interpréter »), ses propos sont parfois teintés par des pointes d’amertume. « Je voulais me dissoudre dans le néant », lâche-t-elle, évoquant le passé. A toutes, qui lui demandent un conseil à destination de la jeunesse, elle répond, simplement : « Aimez-vous. »
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