Après les protestants et les congrégations, l’Eglise de France a signé à son tour une convention, mardi 6 octobre, avec la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). L’objectif est de lutter contre les dérives sectaires en se basant sur l’échange d’informations, la sensibilisation et la formation. « Nous franchissons une étape décisive pour structurer, pérenniser et intensifier notre démarche commune », a affirmé Patricia Mirallès, la présidente de la Miviludes, lors de la signature.
Dans son dernier rapport, rendu public en avril 2025, la Miviludes a constaté que « 35 % des signalements et demandes d’informations traités entre 2022 et 2024 concernaient les domaines des cultes et de la spiritualité », a-t-elle rappelé, devant le domaine de la santé et du bien-être (35 %). Le texte, signé avec la Conférence des évêques de France (CEF), repose sur quatre piliers : échange d’informations, analyse des facteurs de risque, opérations de sensibilisation, et renforcement de la formation.
De son côté, le président de la CEF, l’archevêque de Marseille Jean-Marc Aveline, a souligné que cette convention s’inscrivait dans l’engagement de l’épiscopat « de prévention et de lutte contre toutes les situations d’emprise, les agressions sexuelles, mais aussi physiques, spirituelles, psychologiques… »
« Nous avons essayé, bien sûr, de faire tout ce que nous pouvons », a-t-il expliqué, rappelant les initiatives – tribunal pénal canonique, instances de réparation… – lancées depuis la publication du rapport Sauvé en 2021 sur l’ampleur de la pédocriminalité dans l’Eglise. « Pourquoi ? Et pas seulement pourquoi, mais comment va-t-on changer dans la façon même dont nous concevons la vie de l’Eglise, sa gouvernance, pour que ce genre de choses aient le moins de chances de se reproduire ? » a lancé le cardinal Aveline.
171 signalements en un an
La CEF est la troisième instance à signer une convention de ce genre, après la Fédération protestante de France, en novembre 2025, et la Conférence des religieux et religieuses de France en juillet de cette année.
La CEF s’est saisie du sujet depuis quelques années déjà et a créé un service d’accueil nommé conseil et conciliation-emprise et dérives sectaires pour recevoir les signalements et apporter aide et conseil. Entre septembre 2024 et août 2025, ce service a réceptionné « 171 situations dont 107 considérées comme closes », selon son rapport d’activité.
De son côté, la Miviludes notait dans son dernier rapport d’activité (2022-2024) le « partenariat privilégié » développé avec l’Eglise de France, en indiquant que « les liens entre l’accueil conseil et conciliation-emprise et dérives sectaires et la Miviludes se sont intensifiés ».