« Je ne m’en sors pas. » Commercial pour une petite entreprise industrielle, Bernard, 45 ans, gagne plutôt bien sa vie : il touche 2 300 euros par mois. « Pourtant, je n’arrive pas à mettre de l’argent de côté, ni à partir en vacances avec mes enfants. Je ne m’octroie aucune activité », confie ce père de famille séparé qui n’a pas donné son nom.
Il a pris l’habitude de recenser ses dépenses mensuelles dans un cahier : 590 euros de crédit immobilier, 180 euros d’électricité, 30 euros d’eau, 80 euros d’assurances habitation et automobile, 70 euros pour Internet et le téléphone, auxquels s’ajoutent 470 euros de pension alimentaire, 72,50 euros de taxes foncière et d’enlèvement des ordures ménagères… Au total, 1 492,50 euros de prélèvements automatiques disparaissent de son compte à chaque début de mois. Avec les 800 euros restant, il doit nourrir ses deux garçons, qu’il garde une semaine sur deux. Seulement, le prix des aliments a grimpé, ces derniers mois. Tout comme celui de l’essence qu’il consomme pour aller travailler. Alors Bernard compte, recompte, et chaque mois est un peu plus difficile que le précédent.
De plus en plus de ménages confient, comme Bernard, ne plus s’en sortir, coincés entre l’envolée des prix énergétiques et alimentaires d’un côté, et les dépenses « contraintes » de l’autre. Ces dernières sont passées au crible par les économistes depuis un moment déjà, car elles pèsent lourd dans le budget des Français. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) les qualifie de « préengagées », car elles sont régies par des contrats difficiles à dénouer. Elles recouvrent loyers ou remboursements d’emprunt, charges, électricité, assurances, frais bancaires, abonnements Internet, télévision, téléphone et, enfin, frais de cantine.
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