L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
A côté de son compatriote Joachim Trier, qui brode de longs rubans romanesques (Julie (en 12 chapitres), 2021 ; Valeur sentimentale, 2025), le Norvégien Eivind Landsvik fait dans la dentelle, ou le battement de cils. Son premier long-métrage, Low Expectations, présenté à la Quinzaine des cinéastes, à Cannes, en mai, s’attache à une minuscule parenthèse de la vie d’une chanteuse de la scène indé, Maya (Marie Ulven), qui, en pleine ascension, décide de se retirer de la scène et atterrit chez sa mère.
On la découvre, de retour dans sa ville natale, passablement abattue, où elle travaille comme surveillante dans un lycée. Elle assure une présence lors des examens, ramasse les copies, couve d’un œil morne les élèves, dans cet établissement dernier cri – à faire pâlir d’envie les lycéens français, actuellement mobilisés pour obtenir plus de moyens.
Que veut Maya, au regard humide ? Qu’est-ce qui clochait dans sa vie d’artiste ? Sans fournir de réponse toute faite, ni tenir de discours, Low Expectations (« peu d’attentes ») vient se nicher dans la dépression ambiante – ou la lucidité – d’une certaine jeunesse qui envisage la vie adulte et les notions de réussite avec perplexité. Marie Ulven, elle-même compositrice et chanteuse (son nom d’artiste est Girl in Red), écrit volontiers sur ses doutes et ses coups de blues, au point que dans cette fiction, elle semble parfois extraite de ses propres clips, teint diaphane et vague à l’âme.
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