La mairie de Perpignan, dirigée par le vice-président du Rassemblement national (RN) Louis Aliot, projette d’exposer sur la voie publique des statues géantes de l’enfant-Jésus accompagné de ses parents, Marie et Joseph, après s’être vue interdire l’installation d’une crèche dans l’hôtel de ville.
« Il y a encore des questions de sécurisation de l’exposition de cette œuvre mais assurément elle sera exposée dès les fêtes de fin d’année 2026 », a affirmé, mardi 22 septembre à l’Agence France-Presse (AFP), Farid Belacel, directeur de cabinet du maire, confirmant des informations de la presse locale.
Pour un budget d’environ 120 000 euros, la municipalité a fait l’acquisition de trois sujets – « les trois principaux évidemment », précise M. Belacel – créés par l’artiste espagnol Pachi, de son vrai nom José Manuel Garcia Esquiva, auteur d’une crèche géante dont les personnages font plus d’une dizaine de mètres, le « Belen gigante », à Alicante (Espagne).
« Ça participe d’une politique qui vise deux objectifs : le premier, c’est de satisfaire à la tradition catalane de l’exposition d’un pessebre [crèche en langue catalane] lors des fêtes de fin d’année, il y a là un aspect culturel fort d’une part, et d’autre part, c’est un élément important de la politique d’attractivité touristique de la ville », a expliqué M. Belacel.
Une « dépense buzz » de 120 000 euros
En février 2025, le tribunal administratif de Montpellier a interdit l’installation d’une crèche dans le patio de l’hôtel de ville car cela ne pouvait « être regardé comme conforme aux exigences qui découlent du principe de neutralité des personnes publiques ».
Dans sa décision, la juridiction relevait cependant que « dans les autres emplacements publics, eu égard au caractère festif des installations liées aux fêtes de fin d’année notamment sur la voie publique, l’installation à cette occasion et durant cette période d’une crèche de Noël par une personne publique est possible, dès lors qu’elle ne constitue pas un acte de prosélytisme ou de revendication d’une opinion religieuse ».
« On est dans un cadre légal admis », estime donc le directeur de cabinet de M. Aliot.
Un point de vue que ne partage pas Agnès Langevine, vice-présidente de la région Occitanie et conseillère municipale d’opposition (Place publique) qui voit dans cette « dépense buzz », « un acte idéologique affirmé, contraire à l’universalisme laïc ».
« Dans un contexte très sombre pour le pouvoir d’achat des Perpignanais, Louis Aliot se paie une fois encore une crèche géante (120 000 euros !) comme décor identitaire revendiqué par l’extrême droite », déplore l’élue de gauche.