Dans le port de pêche du Grau-du-Roi (Gard), tous les chalutiers sont restés amarrés, jeudi 17 septembre. Pour la troisième journée d’affilée, pas un bruit n’émane des quais. Silence radio dans l’un des ports de pêche de Méditerranée française, où la criée reste, elle aussi, déserte. Commencé mardi dans le sud de la France, le mouvement appelé « Marée noire » fédère la filière pêche de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) au Grau-du-Roi, en passant par Port-la-Nouvelle (Aude), Agde et Sète (Hérault), où un bateau de croisière était toujours bloqué. Sur les chalutiers gardois, les banderoles reflètent un état d’esprit général : « La Méditerranée n’est pas une zone à sacrifier », « Pêcheurs à l’Agonie ».
Rarement un mouvement de colère n’est parvenu à rassembler si largement la filière. Sur le pont de son chalutier amarré au Grau-du-Roi, Nicolas Houny, 34 ans, jeune patron pêcheur, troisième génération dans sa famille, explique les raisons de cette mobilisation : « Les règles européennes et le prix du gasoil ne nous permettent plus d’avoir des conditions satisfaisantes de rémunération. C’est dur moralement et physiquement. On commence à taper dans la trésorerie. Il vaut mieux des jours de grève et essayer d’obtenir quelque chose que de partir en mer pour travailler à perte. »
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