Gianni Infantino avait promis « sans nul doute la plus grande scène jamais vue ». Pour conclure sa Coupe du monde 2026 de la démesure – 48 équipes, 104 matchs et trois pays organisateurs sur tout le continent nord-américain –, la Fédération internationale de football (FIFA) a organisé, dimanche 19 juillet entre les deux périodes de la finale entre l’Espagne et l’Argentine, le premier show de la mi-temps de l’histoire de la compétition. Un concert annoncé de 11 minutes – l’interruption aura duré plus de 28 minutes en réalité – calqué sur le « half-time show » indissociable du Super Bowl, la finale de la NFL, le championnat de football américain.
Devant le public médusé du MetLife Stadium d’East Rutherford, dans la périphérie de New York, ce spectacle mis en scène par le chanteur de Coldplay, Chris Martin, a enchaîné au pas de charge des artistes venus du monde entier. Madonna a ouvert le bal dans une espèce de véhicule lunaire – ceux utilisés pour se déplacer sur le satellite terrestre –, aux côtés des stars brésiliennes Ronaldo et Ronaldinho. Le décor était planté, entremêlant références footballistiques, culturelles – ou les deux, comme l’arrivée de l’acteur Jason Sudeikis, inénarrable interprète de l’entraîneur Ted Lasso dans la série éponyme, pour accompagner Justin Bieber – et la musique.
Après que le rockeur de Detroit, Jack White, a entonné son Seven Nation Army – devenu l’hymne des stades par excellence, sous la forme du « Po, polo po po po po » repris dans le monde entier – avec la marionnette Elmo, du show Sesame Street, à son tour, le groupe phare de la K-Pop, BTS, a surgi sur la pelouse de l’enceinte du New Jersey. Le troisième stade comble en autant de jours des icônes sud-coréennes après deux concerts au Stade de France vendredi et samedi.
Au total, 28 minutes de pause
Et comme lors de la cérémonie d’ouverture, le 11 juin à Mexico, la Colombienne Shakira, rompue aux Coupes du monde depuis son Waka Waka de l’édition 2010 en Afrique du Sud, est venue tenter d’électriser la foule. Accompagnée du Nigérian Burna Boy, elle a entonné Dai Dai, dont les accords entraînants ont rythmé les coups d’envoi de toutes les rencontres du Mondial 2026. Un titre incarnant la stratégie musicale de la FIFA, lancée lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, se voulant la célébration des cultures du monde entier. Pour s’assurer de proposer au public des chansons susceptibles de lui plaire, « nous avons procédé à des études pour identifier les genres musicaux les plus populaires parmi les supporteurs qui assistent aux [Coupes du monde] », relatait alors au Monde le chef de projet de FIFA Sound, Jack Coles. La filiale « marques » du producteur mondial de musique Universal Music s’était chargée de l’étude de marché, dont les « résultats montrent que la musique latine, la K-pop, les musiques du monde et le R’n’B sont plébiscités », assurait le dirigeant.
Une chorale new yorkaise a conclu ce fade concert que la FIFA avait présenté comme permettant de lever des fonds pour son programme en faveur de l’éducation. Si les règles de l’Instance régulatrice des lois du jeu (IFAB) imposent que les pauses entre les deux mi-temps d’un match de football ne dépassent pas quinze minutes, cette finale a largement outrepassé cette durée. Les coéquipiers de Lionel Messi et ceux de Lamine Yamal – qui s’étaient quittés après la première période sur une marque nulle et vierge (0-0) ont attendu 28 minutes avant de reprendre la finale. Une durée supérieure, encore, à la pause de la finale de la Coupe du monde des clubs, en 2025, où un spectacle similaire avait duré près de 25 minutes.