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Tirs dans un collège à Aubagne : un adolescent de 13 ans soupçonné d’avoir été en lien avec le tireur a été placé en garde à vue

Tirs dans un collège à Aubagne : un adolescent de 13 ans soupçonné d’avoir été en lien avec le tireur a été placé en garde à vue

Un autre mineur a été placé en garde à vue après les tirs au collège Joseph-Lakanal, à Aubagne (Bouches-du-Rhône), mercredi, sur commission rogatoire des juges d’instruction antiterroristes, a appris Le Monde de source judiciaire, jeudi 15 octobre, confirmant une information de l’Agence France-Presse. Mercredi, l’adolescent de 14 ans, auteur des tirs, a été mis en examen.

Cet adolescent de 13 ans est soupçonné d’avoir été en lien, sur TikTok, avec le collégien qui a tiré. Il a été interpellé dans le nord de la France, mercredi en fin de journée, selon Franceinfo. Au cœur du dossier, il y a l’exploitation des supports numériques saisis au cours de la perquisition réalisée au domicile du collégien de 14 ans qui a blessé un principal et une enseignante avec un fusil de chasse.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT), chargé de l’affaire, a notamment mis au jour « l’utilisation par le mis en cause de nombreux comptes de réseaux sociaux sur Proton Mail, Discord, Snapchat ou TikTok ». Une première analyse « de ceux-ci dans le temps de la garde à vue » du tireur de 14 ans « révélait la probable adhésion à la True Crime Community (TCC) », communauté en ligne fascinée par les tueries de masse. « L’un de ses comptes étant exclusivement dédié à la republication de contenus liés à cette communauté, d’une extrême violence et plus particulièrement relatifs aux tueries scolaires », a relaté mercredi le PNAT.

« Glorification de la violence extrême »

Au sein de la TCC, « se détache une sous-communauté vouée aux tueurs de masse qui, par la diffusion massive de contenus ultraviolents, tend à désensibiliser ses adeptes à la violence », ajoute le PNAT. « Par une glorification de la violence extrême comme vecteur de lutte contre les difficultés personnelles, la TCC promeut le passage à l’acte par imitation », éclaire encore le parquet.

Le collégien a admis « avoir été influencé » par une mouvance fascinée par les tueries de masse, a mentionné mercredi le PNAT. Cet adolescent conteste toutefois toute « intention homicide », insiste son avocat, Fabrice Giletta. « Mon client a indiqué qu’il avait eu soin de viser des zones qui n’étaient pas létales », a-t-il dit.

Le tireur a été placé en détention provisoire, mercredi soir, conformément aux réquisitions du PNAT, qui s’est saisi du dossier en faisant pour la première fois le lien en France entre un passage à l’acte et une mouvance fascinée par les tueries de masse, TCC en l’occurrence, phénomène né en Amérique du Nord.

« Un point de préoccupation, pas uniquement en France »

L’adolescent de 14 ans a été mis en examen pour « tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, en l’espèce ayant visé des enseignants ou des membres des personnels du collège », mais aussi, notamment, « association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes contre les personnes », ce qui explique la recherche d’autres suspects en lien avec la communauté TCC.

« C’est une menace pour laquelle on a un nombre de procédures qui reste relativement faible, qui est cependant un point de préoccupation, pas uniquement en France, mais dans beaucoup de pays de l’Union européenne, parce qu’on la voit croître », a commenté, jeudi matin sur Franceinfo, Olivier Christen, à la tête du PNAT.

Cette menace « reste totalement marginale par rapport au reste de la menace terroriste » : « La menace djihadiste représente à peu près 88 % des procédures que nous avons, y compris pour les mineurs », a conclu le procureur antiterroriste. Le tireur placé en détention provisoire est « le plus jeune » mis en cause qui soit « passé à l’acte » dans les dossiers relevant de l’antiterrorisme, selon Olivier Christen.

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