C’est un immeuble dont la silhouette se détache à l’horizon, sur la rive gauche du Dniepr, à Kiev. Une tour de 19 étages, construite dans les années 1980, rue Balzac, dans le quartier dortoir de Troïechtchyna. Les vitres du 8e étage sont couvertes de suie. Au 7ᵉ, un appartement n’est plus qu’un trou béant. Frappé par un drone russe, il a brûlé dans la nuit du 13 au 14 novembre 2025. Tout a disparu.
Ici vivait Natalia Khodemtchouk, seule, entourée des souvenirs de son mari défunt. Opérateur à la centrale de Tchernobyl, Valeri Khodemtchouk est mort lors de l’explosion du réacteur, dans la nuit du 25 au 26 avril 1986. Il est considéré comme la première victime de la catastrophe. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Natalia Khodemtchouk n’a pas survécu à l’attaque russe. Suivant les consignes de sécurité, elle s’était abritée dans le couloir, entre deux murs solides. Ils l’ont protégée des bris de verre, mais pas de l’incendie. Grièvement brûlée, elle est morte quelques heures plus tard, à l’hôpital.
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