Collectionneur, Gustave Fayet ? C’est un euphémisme. Il l’est de façon paroxystique : l’un des principaux collectionneurs du début du XXe siècle et l’un des plus clairvoyants. Ce rang, il le doit d’abord aux amis qui le conseillent. Le principal est le viticulteur, critique et collectionneur languedocien Maurice Fabre (1861-1939), qui l’initie à la peinture de Cézanne, Gauguin, Van Gogh et Redon. L’autre est l’artiste George-Daniel de Monfreid (1856-1929), qui vit dans le Roussillon. Ami et correspondant de Gauguin de 1887 à la mort de l’artiste, en 1903, il essaie de vendre pour lui ses toiles envoyées d’Océanie. Il contribue lui aussi largement à la formation de Fayet.
Mais il y a une autre raison à l’ampleur de la collection de ce dernier : sa fortune, bien supérieure à celles de ses amis. Gustave Fayet n’est pas seulement propriétaire de vignobles dans le Biterrois. Héritier en 1899, à 34 ans, d’un patrimoine terrien déjà considérable, il diversifie les placements, dans les mines ou l’hôtellerie, jusqu’à se faire banquier. Son épouse, Madeleine, n’est pas beaucoup moins riche que lui.
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