Politique

Primaire de la gauche sociale-démocrate : « génocide » à Gaza, ce mot qui crée une fracture entre les candidats

Primaire de la gauche sociale-démocrate : « génocide » à Gaza, ce mot qui crée une fracture entre les candidats

Il y a ceux qui l’utilisent, voire l’instrumentalisent, et ceux qui s’y refusent et le réfutent. Autant que la possibilité d’alliances avec La France insoumise (LFI), le mot « génocide », appliqué à la guerre d’anéantissement menée par Israël depuis trois années à Gaza, divise les cinq candidats à la primaire sociale-démocrate, dont le premier tour se tient vendredi 8 et samedi 9 octobre.

L’usage de ce mot, que le Parti socialiste (PS) n’utilise pas, mais qu’Olivier Faure a mis en avant avec insistance lors des deux premiers débats télévisés des 23 septembre et 1er octobre, a suscité parmi les plus vives passes d’armes entre candidats. Deux camps opposés se sont nettement dessinés. Olivier Faure et Ségolène Royal militent pour l’emploi du mot qui fâche, au nom de la nécessité de nommer les choses sans fard : « Ce n’est pas simplement une guerre, mais un génocide », a insisté le premier secrétaire du PS. « D’accord à 100 % » avec lui, l’ancienne ministre socialiste a insisté : « Il ne faut pas dire que les mots sont importants et ne pas reconnaître le génocide. »

A l’opposé, Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann (Place publique) s’y opposent avec véhémence. L’un comme l’autre mettent en avant le fait que la justice internationale ne l’a pas encore avalisé. « La CPI [Cour pénale internationale de La Haye] parle de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre », met en avant Raphaël Glucksmann, qui reprend plus tard : « Le procureur de la CPI ne mentionne pas le terme de génocide. » « Les crimes de guerre, et peut-être les crimes contre l’humanité qu’[Israël] a commis à Gaza, mais pas un génocide. Moi, j’utilise les termes que la justice consacre », abonde Jérôme Guedj.

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