Chroniques de guerre

Comment les tensions géopolitiques redessinent la carte des routes aériennes commerciales

Comment les tensions géopolitiques redessinent la carte des routes aériennes commerciales

Des essaims de drones qui volent chaque nuit dans les ciels russe et ukrainien ; l’aéroport de Riyad mis à l’arrêt le 10 octobre et qui peine à rouvrir après une série de frappes mortelles dans l’aérogare ; l’espace aérien au-dessus de l’Iran devenu une « no-go zone », et des pans entiers de la planète interdits de survol ou partiellement fermés : en 2026, la guerre rogne plus que jamais l’espace aérien mondial. La dernière illustration de l’immixtion des conflits dans les affaires de l’aviation est survenue vendredi 23 octobre, quand le département américain des transports a annoncé qu’il infligeait à Air France-KLM une amende de 425 000 dollars (380 000 euros) pour avoir assuré des dizaines de vols dans l’espace aérien irakien à une altitude inférieure au niveau requis de sécurité.

Bienvenue dans un monde du transport aérien où la géopolitique dicte de plus en plus sa loi : une situation inédite depuis la guerre froide. Au temps du rideau de fer (1946-1989), le risque pour l’aviation civile avait culminé en 1983, lorsque l’aviation soviétique avait abattu un Boeing 747 de la Korean Air Lines avec 269 personnes à bord, entré par erreur dans l’espace aérien de l’URSS. A partir des années 1990, le ciel mondial avait paru s’ouvrir pour de bon : libéralisation, multiplication des liaisons, montée en puissance des compagnies du Golfe. Or, depuis une quinzaine d’années, le mouvement semble sinon s’inverser, du moins se gripper.

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