Culture

« Les Misérables », de Fred Cavayé : une galerie de vedettes pour une version ripolinée du chef-d’œuvre de Victor Hugo

« Les Misérables », de Fred Cavayé : une galerie de vedettes pour une version ripolinée du chef-d’œuvre de Victor Hugo

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Les chefs-d’œuvre suscitent de l’encombrement. Ainsi a-t-on adapté, entre muet et parlant, plus d’une trentaine de fois au cinéma Les Misérables, de Victor Hugo (1802-1885). Avec cela, allez faire votre malin pour vous poser en expert ! Il y aura toujours une tripotée de films muets que vous n’aurez pas vus, telle version japonaise (Mansaku Itami, 1938), italienne (Riccardo Freda, 1948) ou américaine (Lewis Milestone, 1952) qui vous sera passée sous le nez.

Du moins, sur le terrain hexagonal, peut-on raisonnablement avancer que l’opus de Raymond Bernard (Les Misérables, 1934), cinéaste subtil et élégant, avec le terrassant Harry Baur dans le rôle du forçat rédimé Jean Valjean, reste à ce jour le plus bel hommage rendu au génie hugolien. Plus proche de nous, le parti pris d’Eric Besnard (Jean Valjean, 2025), qui choisit l’épure des deux premiers chapitres du roman et confie à un Grégory Gadebois granitique le rôle-titre, se sera révélé plus que convaincant.

On ne trouvera pas en revanche dans l’ouvrage de Fred Cavayé qui sort mercredi sur nos écrans de motif propice à quelque admiration particulière. Gros budget, galerie de vedettes, compilation des scènes les plus célèbres du roman publié en 1862 : tout ici est fait pour napper d’une sauce spectaculaire contemporaine ce morceau de choix de la littérature française. Et tant pis s’il est expurgé au passage de sa complexité romanesque, ostensiblement tiré vers une forme ripolinée de reconstitution historique, arrimé à des performances d’acteurs travaillant leur entrée au panthéon national.

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