Une enquête a été ouverte après des incidents au cours desquels des manifestants ont été agressés à Nice par des individus susceptibles d’appartenir à la mouvance d’ultradroite en marge de la mobilisation de samedi, a annoncé le parquet, dimanche 25 octobre.
« Une enquête en flagrance confiée au SLPJ 06 [Service local de police judiciaire] est ouverte pour identifier et interpeller les membres de cette mouvance impliqués dans les violences aggravées qui se sont déroulées dans le centre-ville », a précisé le procureur de la République, Damien Martinelli, dans un communiqué transmis à la presse.
Contacté par l’Agence France-Presse, le magistrat a déclaré « vouloir apporter une réponse extrêmement ferme à ces faits de violence commis par ces individus », en précisant que des investigations sont en cours à partir des images captées samedi. Sur certaines d’entre elles diffusées par la presse locale, on voit des hommes en noir masqués se ruer sur des manifestants visiblement non-violents.
Parmi les 59 personnes placées en garde à vue samedi à la suite des manifestations, principalement pour « participation à un groupement en vue de la commission de faits de violences », figurent 11 individus susceptibles d’appartenir à la mouvance d’ultradroite, a fait savoir le parquet. « Interpellés dans deux véhicules, certains étaient en possession de masques, gants, gazeuses et matraques. Sur ces 11 individus, cinq sont déjà connus des services de police », a ajouté le parquet. Leur interpellation a eu lieu avant les faits de violence.
Samedi, la préfecture des Alpes-Maritimes avait fait savoir « qu’une centaine de militants d’ultradroite masqués » avaient convergé vers le centre-ville pour « affronter physiquement les manifestants », qui étaient au plus fort de la journée 2 300 dans les rues de Nice, selon ses décomptes.
« Les forces de sécurité ont manœuvré tout l’après-midi pour empêcher les deux groupes de se rencontrer », ajoutait la préfecture, constatant qu’en fin de journée, « des rixes ont eu lieu aux abords du Vieux Nice entre des individus violents issus des deux groupes, très mobiles », avec « trois blessés légers pris en charge par les sapeurs-pompiers ».
Agressions de manifestants à Montpellier
Dans un message posté sur le réseau social X, le maire de la ville, Eric Ciotti (Union des droites pour la République), proche du Rassemblement national, a condamné « avec la plus grande fermeté les agressions commises à Nice par des militants d’ultradroite contre les manifestants du cortège pacifique ». « Rien ne peut justifier de tels actes et leurs auteurs devront en répondre devant la justice, comme les nervis d’extrême gauche », a ajouté l’élu.
Le 23 mars dernier, des personnes présentes à un « rassemblement antifasciste » faisant suite à son élection avaient été prises à partie par des militants suspectés d’appartenir à la mouvance identitaire, dont deux avaient été interpellés le mois suivant.
Outre Nice, des agressions de manifestants par des membres d’ultradroite ont aussi été recensées à Montpellier. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, avait expliqué samedi que dans « au moins deux villes, c’était le cas à Nice et à Montpellier, la présence de militants de l’ultradroite qui cherchaient à s’affronter avec des militants de l’ultragauche, en tout cas à protéger d’eux-mêmes les commerces » a été observé, « une première dans une manifestation ».
Dénonçant cette « milice d’extrême droite », le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a, lui, estimé qu’en « République, personne ne peut faire usage de la violence contre autrui. Je condamne ses agissements avec force et demande que la justice enquête et interpelle les auteurs. Il ne peut y avoir la moindre impunité ».