La guerre d’Ukraine devait être réglée « en vingt-quatre heures » (28 janvier 2023) et celle d’Iran ne serait qu’une « petite excursion » de « quelques semaines » (11 mars 2026). Qui peut encore croire Donald Trump ?
Certainement pas les Ukrainiens, dont les dirigeants se mordent les doigts d’avoir souhaité son retour à la Maison Blanche en 2024, exaspérés par les lenteurs et les hésitations de Joe Biden. Les nuits de Kiev, sans la protection d’une défense antiaérienne affaiblie par les pénuries d’équipements occidentaux, se suivent et se ressemblent sous les drones et les missiles meurtriers. Les bombardements d’infrastructures énergétiques et de cibles civiles – immeubles, bus, trains – redoublent. Les Ukrainiens le savent : la Russie veut les briser. Leur infliger le pire hiver qu’ils aient connu, pour les amener à se soumettre.
Le président des Etats-Unis, lui, a un défi plus important à relever, un défi qui le touche personnellement : celui des élections de mi-mandat, le 3 novembre. Elles ne se présentent pas bien pour sa majorité au Congrès. La guerre qui embrase le Moyen-Orient a fait flamber les prix à la pompe. Alors il fait feu de tout bois, et surtout de tout carburant. Reconnaître que sa « petite excursion » est à l’origine des difficultés pour les consommateurs-électeurs américains serait admettre sa propre responsabilité : impensable. Par une formidable imposture, il bricole un accord de vente de diesel russe pour le marché américain avec Vladimir Poutine, l’homme qui ne saurait lui refuser ce service, il ordonne à Volodymyr Zelensky, l’homme qu’il n’a jamais cessé de mépriser, d’arrêter de bombarder les raffineries en Russie et il proclame un « cessez-le-feu énergétique ».
Mais Moscou poursuit ses attaques. Le président ukrainien y voit une « démonstration de mépris pour l’Amérique » ; lui-même n’a pas intérêt à renoncer unilatéralement aux frappes d’installations pétrolières russes, l’une des armes de Kiev les plus efficaces. Alors, Donald Trump passe au niveau supérieur : les Ukrainiens, dit-il, doivent changer de président. On ne l’a pas entendu en dire autant aux Russes, qui ont le même depuis vingt-six ans. Mais il est vrai qu’on ne l’a jamais entendu dire non plus que la Russie était le pays agresseur dans ce conflit. Aux Etats-Unis, les commentateurs comparent cette offensive contre Volodymyr Zelensky à celle du bureau Ovale, le 28 février 2025, lorsque Trump et son vice-président J.D. Vance avaient publiquement humilié le président ukrainien.
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