Culture

Au Vieux-Colombier, Arnaud Desplechin cède trop souvent au mélodrame dans « La Musica deuxième » de Marguerite Duras

Au Vieux-Colombier, Arnaud Desplechin cède trop souvent au mélodrame dans « La Musica deuxième » de Marguerite Duras

A trop vouloir dramatiser la situation et surligner l’émotion, Arnaud Desplechin étouffe l’écriture épurée de Marguerite Duras. C’est le sentiment qui domine tout au long de La Musica deuxième mise en scène par le cinéaste, qui signe avec ce spectacle sa troisième collaboration avec la Comédie-Française (après Père d’August Strindberg en 2015 et Angels in America de Tony Kushner en 2020). Etrange sensation que de rester constamment à distance d’une telle histoire d’amour dont on a aimé la lecture.

Au théâtre du Vieux-Colombier à Paris, par une disposition bifrontale censée nous immerger dans ce face-à-face entre une femme et un homme qui reviennent sur la défaite de leur couple, Alexandre Pavloff et Adeline d’Hermy, sociétaires du Français, semblent encore chercher leurs marques. Leurs déplacements et leurs postures souvent gauches complexifient sans raison un contexte en apparence banal.

En début de soirée, dans un hall d’hôtel désert de province, Michel et Anne-Marie se retrouvent. Ils sortent du tribunal où vient d’être prononcé définitivement leur divorce. Ils ne s’étaient pas revus depuis trois ans. Tous deux ont refait leur vie. Lui, architecte à Paris, attend un coup de téléphone de sa nouvelle compagne. Elle, traductrice, doit bientôt rejoindre son conjoint actuel et partir s’installer à l’étranger. Leur histoire est terminée, alors ils parlent de contingences matérielles avant que la conversation glisse sur leurs souvenirs respectifs de leur vie à deux, de leur passion amoureuse absolue mais impossible. Tout au long de la nuit, ils vont revisiter le passé de leur couple, s’expliquer, confronter leurs souvenirs des jours heureux et des jours infernaux, et découvrir que l’amour continue d’exister après sa fin.

Il vous reste 50.89% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Vous avez peut-être manqué